Le PJD et l'Istiqlal s'insurgent contre la darija dans les manuels scolaires

L’introduction de certaines expressions en darija dans les manuels scolaires du primaire, justifiée par le ministère de l’Education, fait des remous jusqu'au Parlement. Alors que le groupe du PJD à la Chambre des représentants estime que leur usage est « inacceptable », l’Istiqlal y voit une « violation claire » de la Constitution.

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Manuels scolaires d'éducation islamique. (photo d'illustration) Crédit: Kaouthar Oudrhiri/TelQuel

L’usage de mots en darija dans les nouveaux livres scolaires du primaire ne plaît pas au PJD. Dans un communiqué paru le 4 septembre sur le site officiel de la formation, le groupe parlementaire du parti à la lampe à la Chambre des représentants réclame au chef du gouvernement et au ministre de l’Education des mesures pour «remédier à l’insertion de certaines expressions en dialecte dans les manuels scolaires de l’année scolaire 2018-19 ». Dénonçant une situation « inacceptable », les élus islamistes s’insurgent également contre «un dépassement du contenu des documents encadrant la réforme du système éducatif».

La polémique a éclaté en début de semaine, après la diffusion de photos sur les réseaux sociaux montrant des pages de manuels scolaires contenant des expressions en darija.

En plus du communiqué, le parti à la lampe a interpellé le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani et son ministre de l’Education, Saaïd Amzazi dans deux questions orales. Le groupe parlementaire, présidé par Driss El Azami El Idrissi, estime que l’usage de ces expressions va «à l’encontre de la Constitution».

Le groupe parlementaire du PJD a également appelé à la tenue d’une réunion de la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication de la Chambre des représentants en présence du ministre de tutelle. Le but: discuter du « bien-fondé de la fuite de ces expressions » dans les manuels scolaires.

Une « violation » de la Constitution

Le PJD n’est pas la seule formation à s’opposer à l’usage de la darija dans les livres scolaires. Le chef du groupe parlementaire Istiqlal, Noureddine Mediane, a lui aussi réclamé une réunion d’urgence de la même commission parlementaire, pour le même motif.

Dans un courrier adressé à Saaïd Amzazi, le parti à la balance se dit « grandement préoccupé » par l’usage du dialecte dans les manuels scolaires du primaire, le jugeant «contraire aux valeurs constantes de la nation marocaine». Cette mesure est « une violation claire » de la Constitution marocaine, dans laquelle seules les langues arabe et amazighe sont reconnues comme étant les deux langues officielles du pays, indique le parti de Nizar Baraka.

Les réseaux sociaux se sont aussi emparés du débat. Une photo montrant les mots «baghrir» (les crêpes marocaines), «briouates» (nems marocains) et «Ghriyba» (gâteau marocain traditionnel) a été largement partagée sur Facebook et Twitter. Une publication qui a provoqué l’ire de certains internautes.

Une autre image montrant une chanson en darija très populaire auprès des enfants, et traduite en français, a également été très critiquée.

En réaction à la polémique, le ministère de l’Education nationale a publié le 4 septembre un communiqué où il explique avoir opté pour l’utilisation d’expressions en dialecte marocain dans les nouvelles éditions des manuels scolaires du cycle primaire à «des fins purement pédagogiques».

Et de souligner au passage que seul le livre qui contient les termes désignant des gâteaux, des plats ou des habits traditionnels marocains est édité par le ministère. L’ouvrage contenant le  fameux poème traduit n’est, en revanche, pas un manuel scolaire agréé, selon le ministère.

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