Enseignement obligatoire, formation professionnelle... Ce que prévoit la réforme

Le projet de la loi-cadre relatif à la réforme du système éducatif national figure parmi les textes adoptés au Conseil des ministres qui s'est tenu le 20 août. Le point sur trois orientations phares.

Par

Yassine Toumi / TelQuel

Considérant l’éducation comme étant un pilier du développement, une clé de l’ouverture et de l’ascension sociale, le roi n’a pas cessé d’insister sur sa réforme », lit-on en introduction du projet de loi-cadre n°51-17, adopté le 20 août en Conseil des ministres et publié par LeDesk.ma.

Invoquant « une nouvelle étape qui s’inscrit dans une approche nouvelle en matière d’éducation », le texte liste les orientations de la réforme. Des orientations basées sur les recommandations de « la vision stratégique de la réforme 2015-2030 », la feuille de route conçue par le Conseil supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique. Le projet prévoit également l’élargissement des compétences de l’institution présidée par le conseiller royal Omar Azziman, laquelle devra désormais émettre ses avis sur les programmes élaborés par le gouvernement.

Enseignement obligatoire de 4 à 16 ans

Parmi les principales réformes prévues par le projet figure l’intégration de l’enseignement obligatoire pour les enfants âgés de 4 à 16 ans. Ce processus de généralisation de l’enseignement, « ouvert à tous » et qui a pour but « de lutter contre la déperdition scolaire et d’éradiquer l’analphabétisme », relèvera de la responsabilité de l’Etat mais « aussi de celle des familles ». «De manière progressive », l’école devra aussi s’ouvrir aux enfants dès l’âge de 3 ans.

Le texte précise que l’Etat devra« se porter garant pour l’enseignement obligatoire ». En clair, l’appareil étatique devra assurer à tous les enfants d’être en mesure de poursuivre leurs études, même si leurs conditions matérielles ne le permettent pas.

Les langues comme vecteur d’universalisme et d’intégration 

Précisant que « la langue d’enseignement est l’arabe » (article 31), le texte note que l’un des rôles de l’école est de faire en sorte que l’élève maitrise les deux langues officielles : l’arabe et l’amazighe. Deux langues étrangères devront en outre être maîtrisées, en particulier dans les disciplines scientifiques et techniques.

L’objectif : « Faire accéder les apprentis aux connaissances universelles » afin de « leur garantir l’insertion économique, sociale et culturelle ».

La formation professionnelle dès le collège

Dans la perspective d’établir un lien entre l’enseignement scolaire et la formation professionnelle, le texte du projet de la loi-cadre prévoit la création, dès le collège, d’une filière professionnelle. Elle devra être renforcée au lycée (à travers la « diversification des filières »), et « encore plus à l’université » ainsi que dans « les centres de formation professionnelle », précise le document.

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, le document indique que les formations universitaires devront être appropriées « aux transformations socio-économiques », cela en prenant en considération les « développements que connaissent les universités à l’échelle mondiale ». Dans ce sens, le texte appelle l’Exécutif à élaborer un programme qui réponde « aux orientations de la loi-cadre », et de le soumettre au Conseil supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique pour qu’il émette son avis à ce propos. Objectifs : diversifier l’offre de formations professionnelles à tous les niveaux et augmenter la capacité d’accueil dans l’optique de renforcer la compétitivité économique, et ce dans un délais de 6 ans.

Equité et égalité des chances 

Le projet de la loi-cadre formule les grands principes sur lesquels l’Etat devra se baser pour réformer le système éducatif. Il s’agit de « l’équité, de l’égalité des chances et de l’élèvement de l’individu ainsi que de celui de la société ».

Le texte plaide pour la « modernisation des métiers de l’enseignement, de la formation et de la gestion ». Les programmes et les méthodes pédagogiques devront ainsi être révisés dans le but d’orienter « le développement de l’intelligence et de la pensée critique » des enfants vers « un esprit de pluralisme ».

Mise à jour du 30 août :

Après la publication de cet article, le ministère de l’Education a fait parvenir une mise au point à la rédaction de TelQuel. Nous nous basions sur une version du texte qui avait depuis été modifiée, notamment sur deux points :

-concernant la durée de la scolarité obligatoire, « la scolarité des Marocains sera obligatoire jusqu’à l’âge de 16 », relève le ministère, et non 15 ans comme nous l’écrivions.

-concernant la question des langues d’enseignement, le ministère insiste sur le fait que « la loi cadre institutionnalise, sans ambiguïté aucune, l’enseignement des matières scientifiques et techniques en langues étrangères ».

Notant qu’il s’agit de « points cruciaux de la réforme qu’il entend mener», le ministère nous a également fait parvenir la dernière version du projet de loi-cadre que nous publions :

Projet de loi cadre n°51-17 – Réforme de l’éducation by TelQuelOfficiel on Scribd

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