Moulay Hafid Elalamy offre une sculpture à la Fondation des musées

Moulay Hafid Elalamy a offert une sculpture monumentale de l’artiste sénégalais Ousmane Sow à la Fondation nationale des musées. L’œuvre a été installée le 27 juillet à l’entrée du MMVI à Rabat.

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Une des éditions du Guerrier debout. © DR

Un gigantesque guerrier a pris ses quartiers à l’entrée du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat. Cette oeuvre d’art hors du commun est la quatrième édition de la sculpture monumentale «Guerrier debout» de l’artiste sénégalais Ousmane Sow. Et c’est Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et président fondateur de Saham, qui a offert cette pièce à la Fondation nationale des musées (FNM).

«On espérait acquérir une œuvre de Ousmane Sow depuis des années, mais après son décès (en décembre 2016, NDLR), j’ai pris contact avec sa famille en leur expliquant qu’on n’avait pas beaucoup de moyens», raconte Mehdi Qotbi, le président de la FNM.

Le temps que les questions d’héritage soient réglées dans la famille Sow, Mehdi Qotbi a contacté de «potentiels» contributeurs pour l’achat de l’imposante sculpture représentant un guerrier de l’ethnie Massaï (tribu semi-nomade d’Afrique de l’Est) . «Quand j’en ai parlé à Moulay Hafid Elalamy, il a proposé de prendre en charge la totalité de la somme», précise le président de la FNM.

L’œuvre a été acquise à 160.000 euros en mai dernier, un prix «en dessous» des estimations du marché de l’art selon notre interlocuteur. En 2009, une édition du « Guerrier debout » a été acquise à 120.000 euros lors d’une vente aux enchères à Paris, rapporte Le Figaro.

Au cours de la même vente, Ousmane Sow a explosé son record. Une autre de ses sculptures, réalisée en 1990, s’est vendue à 528.695 euros selon la même source.

«Après une rude bataille d’enchères entre un téléphone et le représentant de la Fondation Alliances à Marrakech présent dans la salle, c’est le premier, François Pinault dit-on, qui l’a emporté», écrit le Figaro.

Guerrier debout devant le MMVI. © DR

Qu’elles soient en bronze ou en matière organique et synthétique (terre, paille, colle, etc.), les sculptures de l’artiste explorent le corps et les traditions ancestrales de peuples d’Afrique (disparus parfois) comme les Noubas (Soudan) ou les Peuls (ethnie qu’on retrouve en Nigéria, Cameroun, Sénégal ou encore Guinée).

Kinésithérapeute de métier, Ousmane Sow ne s’est pleinement consacré à son art qu’à l’âge de 48 ans. Et dès les années 1990, il a réussi à s’imposer à l’international malgré l’appréhension du milieu face à l’art contemporain africain. Il a exposé dans les principales manifestations d’art, notamment la Dokumenta de Kassel (1993), ou encore la Biennale de Venise (1995). Membre de l’Académie des beaux-arts depuis 2013, il est décédé en décembre 2016 à Dakar à l’âge de 81 ans.

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