4 choses à retenir du rapport de Bank Al Maghrib sur la stabilité financière

4 choses à retenir du rapport de Bank Al Maghrib sur la stabilité financière

Bank Al Maghrib a publié le 24 juillet son rapport sur la stabilité financière au titre de l’année 2017. Retour sur les quatre points phares du document.

Par

Rachid Tniouni / TelQuel

  • Timide augmentation du patrimoine des ménages

Les ménages marocains ont accumulé un patrimoine financier de l’ordre de 762 milliards de dirhams, soit une progression de 6,8 % par rapport à 2016. La composition de ce patrimoine n’a pas fondamentalement changé depuis dix ans, puisque les dépôts bancaires représentent 80 % du total du patrimoine, alors que les titres financiers représentent 10 % et l’assurance vie 7 %.

Les dépôts bancaires représentent un montant de 634 milliards de dirhams en 2017, soit une hausse de 6 % par rapport à 2016. Les dépôts à vue (comptes bancaires non rémunérés) et les dépôts en comptes d’épargne (comptes sur carnet) représentent 83 % du total des dépôts des ménages en banque. Le reste des dépôts prend la forme de dépôts à terme (somme bloquée pour une période précise). Ces derniers se sont repliés de 1,1 % en 2017 par rapport à l’année précédente en raison de la baisse des taux d’intérêt rémunérant de ce type de placement.

  • Des ménages surendettés par rapport aux pays émergents

La dette des ménages en 2017 a augmenté de 4,4 % par rapport à 2016. Elle représente 30 % du PIB, un niveau stable depuis cinq ans. Ce taux reste toutefois élevé par rapport à celui des pays émergents, où il se situe à 21 % selon le Fonds monétaire international ce qui signifie que les ménages marocains sont surendettés par rapport à ceux qui ont des économies au niveau desquelles le Maroc souhaite se hisser.

La dette des ménages se compose de crédits à l’habitat (64 %) et de crédits à la consommation (36 %). Par catégorie socio professionnelle, les dettes ont été contractées principalement par les fonctionnaires (45,4 %), suivi par les salariés (37,4 %), les retraités (9,2 %), les professions libérales (6,3 %) et autre (1,6 %).

  •  La CIMR dans le vert

Le nombre d’actifs cotisants aux régimes de retraite s’est élevé à 4,5 millions de personnes, soit 41,8 % de la population active. Ces derniers ont cotisé, au titre de l’année 2017 pour un montant de 45,7 milliards de dirhams en 2017. Les réserves constituées par ces régimes ont augmenté de 4,5 % par rapport à 2016, pour atteindre  293,7 milliards de dirhams.

Les placements des régimes de retraite ont représenté 292 milliards de dirhams en 2017. Ceux dans les obligations ont représenté 70,8 % (dont 50,7 % en Bons de trésor) du total des placements, alors que le placement en actions s’est limité à 28 % de ces placements. Le champion des placements en actions est la CIMR avec 51,3 % placés en actions et en parts sociales, alors qu’il ne dépasse pas 29,6 % pour le RCAR et 11,7 % pour le RPC-CMR.

Concernant l’épuisement des réserves des régimes de retraite, il est prévu en 2043 pour la CNSS, en 2040 pour la RCAR et en 2027 pour le RPC-CMR. Selon les projections, les réserves de la CIMR resteront positives.

  • Un bilan positif pour le secteur bancaire

La taille du secteur bancaire, calculée sur la base du total bilan des banques, s’est accrue de 6 % pour se situer à 1,271 milliards de dirhams, soit 120 % du PIB. Ces bilans ont augmenté du côté des emplois (ce que la banque doit) par la hausse des portefeuilles titres et des crédits, et du côté des ressources (ce que la banque possède), par les dépôts collectés et les refinancements sur le marché obligataire.

La répartition des crédits bancaires demeure sans changement durant les dix dernières années. Les ménages représentent 33 % des crédits, suivi par les entreprises financières (13 %), le secteur du BTP (11 %), et les industries manufacturières (10 %), puis le secteur du commerce (7 %) et transport et communication (4 %).

Les créances en souffrance détenues par les banques se sont contractées en 2017, pour passer de 6,8 % du total des créances bancaires en 2016 à 2,3 % en 2017. L’encours de ces créances se situe à 63 milliards de dirhams.

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