Les Marocains du programme pour les jeunes leaders africains de la Fondation Obama témoignent

La Fondation Obama a lancé le 14 juillet à Johannesburg son programme pour la formation de 200 jeunes leaders africains en présence de l’ancien président des États-Unis. Parmi eux, trois Marocains ont été sélectionnés. Ils témoignent de l’effervescence du projet.

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Son prédécesseur George W. Bush a choisi d’occuper sa retraite de président des États-Unis en dédiant sa fondation à la réintégration des vétérans de guerre. Barack Obama, lui, avait déclaré dès le lancement de la Obama Fondation à l’automne 2017 que sa mission serait d’« inspirer les gens qui veulent changer le monde ». La Fondation Obama a désormais fixé son premier cap : former 200 jeunes leaders africains de demain. Annoncé en avril, le programme de formation d’une année a commencé le 14 juillet, à Johannesburg. Barack Obama lui-même était présent en Afrique du Sud du 16 au 18 juillet. Après son discours à l’occasion du centenaire de la naissance de Nelson Mandela, il a rencontré les 200 jeunes leaders que sa fondation va former.

« C’était un moment très fort. Il nous a donné des conseils pratiques sur les défis que nous rencontrons à travers des exemples de sa propre carrière politique et nous a encouragés à continuer dans nos missions, » raconte Zineb Lahbabi, 27 ans, l’une des participantes de nationalité marocaine sélectionnée pour le programme aux côtés de ses compatriotes Ayman Cherkaoui 34 ans, et Hayat Essakati, 31 ans.

Barack Obama, président des États-Unis qui a le plus visité le continent africain durant ses deux mandats, avait entamé la formation quelques jours plus tôt via Facebook. Le 13 juillet, il publiait une liste des lectures qui l’ont inspirées alors qu’il préparait son voyage sur le continent. Durant sa présidence, Obama avait déjà encouragé la formation des leaders africains à travers un programme d’échange à Yale : le programme Yali (Young African Leaders Initiative). Aujourd’hui en retrait de la vie politique, sans rôle officiel, il souhaite poursuivre ce projet grâce à sa Fondation.

Avec les maîtres mots « connecter, former et inspirer », la formation a pour ambition de former la relève, les esprits qui impulseront les nouvelles transformations sociopolitiques en Afrique. La fondation a reçu plus de 10 000 candidatures parmi lesquelles elle a sélectionné 200 jeunes leaders, 104 hommes et 96 femmes, issus de 44 pays du continent et déjà positionnés dans le militantisme et l’entrepreneuriat social. Parmi eux, trois Marocains. Ils témoignent pour Telquel.ma.

Moroccan young leaders

« L’hétérogénéité des secteurs fait la richesse de ce programme. L’opportunité d’interagir avec de jeunes élus, activistes, journalistes, scientifiques et entrepreneurs qui ont le but commun d’être au service de leur pays et de leur communauté a renforcé notre ambition de nous investir encore plus dans nos différentes causes, » affirme la Marocaine Zineb Lahbabi, 27 ans, qui travaille pour l’ONG américaine National Democratic Institute (NDI) et directrice d’ACIA, une association ayant pour mission de démocratiser l’accès à l’art et la culture au profit des enfants de milieu défavorisé. « Le programme se concentre sur les soft-skills comme le leadership ou le storytelling, mais également sur des formations plus techniques comme le lobbying et la formulation de politiques publiques. J’ai déjà l’impression d’avoir fait un master en 5 jours, » ajoute-t-elle.

Son compatriote Ayman Cherkaoui, 34 ans, est également emballé : « Je me sens ressourcé, même plus que si j’avais été faire des vacances en Grèce par exemple. C’est simplement génial et bluffant, » nous raconte-t-il sur un vol entre Mombasa et Mogadishu, encore enchanté par ses rencontres avec Mo Ibrahim, Kofi Annan, Aliko Dangote, Ellen Johnson Sireleaf ou le réalisateur de Black Panther, Ryan Coogler. Il nous confie : « On a demandé à Kofi Annan : « Si vous aviez de nouveau 30 ans, pour quelle cause vous engageriez-vous ? Et lui de répondre : le climat. ». Une confidence qui a forcément trouvé de l’écho chez celui qui était conseiller ministériel et membre du comité scientifique de la COP 22, et aujourd’hui directeur exécutif du Réseau pacte mondial au Maroc — une combinaison d’acteurs du PNUD, de la CGEM et de sept entreprises marocaines — où il milite pour l’engagement du secteur privé dans le développement durable.

« Ma cause est le renforcement de la conscience civique. Je suis profondément convaincue que la justice sociale et le développement économique est directement proportionnel à nos comportements civiques,» se positionne Zineb Lahbabi. Les leaders de 44 nationalités différentes portent chacun des projets orientés vers le développement, la paix et l’inclusion sociale… « Il n’y a pas une seule définition du mot leader, » explique Ayman Cherkaoui, engagé pour le développement durable. Le jeune leader perçoit la présence de personnalités comme Barack Obama et Kofi Annan, comme une volonté « de passer le bâton » autour d’une « Afrique pour l’Afrique et par l’Afrique ».

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