PAM: les scénarios de l'après-Elomari

Après moult atermoiements, Ilyas Elomari ayant affirmé qu'il maintenait sa démission, le Conseil national du PAM se réunira le 26 mai pour lui trouver un successeur à la tête du parti au tracteur. Rien n'est tranché d'avance. Explications.

Par

Ilyas Elomari. Crédit: R. Tniouni/Telquel

A quelques jours la session extraordinaire du Conseil national du PAM, le parti du tracteur est dans le flou total. L’intox et la rumeur ont pris le dessus et chacun y va de son pronostic sur le successeur d’Ilyas Elomari.

Un homme de paille d’Elomari ?

En coulisses, on accuse le secrétaire général sortant de vouloir placer un de ses proches à la tête du parti pour continuer à tirer les ficelles. Pour cela, Ilyas Elomari aurait poussé ses camarades à adopter des critères sur mesure, en fermant notamment la voie aux plus de 45 ans. Le président de la région Tanger-Tetouan-Al Hoceima pousserait ainsi de jeunes députés comme Mehdi Bensaïd et Samir Belfqih.

« C’est faux, il n’y a pas de tels critères« , objecte un membre de la direction. « Lors de la dernière réunion du Bureau politique, Ilyas Elomari a juste affirmé qu’il allait partir le 26 mai, sans plus« , ajoute notre source.

Pour l’heure, aucun candidat ne s’est déclaré officiellement. La seule à avoir tranché est Fatima Zahra Mansouri, présidente du Conseil national, qui a affirmé qu’elle n’était pas candidate.

Divers contacts avec des dirigeants anciens et actuels permettent toutefois de dessiner au moins trois scénarios pour l’après-Elomari.

Tout trancher le 26 mai

En principe, et comme l’a recommandé la Commission nationale (organe regroupant toutes les instances de décision du PAM), le Conseil national devrait élire le 26 mai un nouveau secrétaire général. « On pourrait se donner quelques heures pour que les candidats potentiels puissent se déclarer« , affirme un membre de la direction.

« En ce qui me concerne, je ne suis pas candidat, pour le moment« , nous déclare Mehdi Bensaïd qui affirme lui aussi que la candidature est, en principe, ouverte à tous les membres du Conseil national, soit plus de 1.080 personnes. Dans le cas de l’élection d’un nouveau secrétaire général, ce dernier aurait le choix entre garder le même bureau politique ou demander sa dissolution. Il reviendra alors au Conseil national d’élire une autre direction.

Un SG pour la transition

Le deuxième scénario pourrait voir un secrétaire général élu par intérim, le temps de convoquer une autre session extraordinaire du Conseil national dans un délai d’un mois au maximum.

Ce scénario a déjà été appliqué après la démission d’Ilyas Elomari quand Habib Belkouch a été désigné pour assurer l’intérim. « Cela pourrait laisser assez de temps aux éventuels candidats pour se préparer« , nous confie un dirigeant du PAM.

Une direction collégiale?

Le troisième scénario consisterait en la mise en place d’une sorte de direction collégiale composée des fondateurs du parti et de la présidence du Conseil national. C’est l’option avancée par Hassan Benaddi, ancien secrétaire général du PAM, dans une lettre ouverte publiée ce week-end et dans laquelle il adresse une sévère critique à sa formation politique.

Ali Belhaj, autre membre fondateur du PAM, a choisi sa page Facebook, le 18 mai, pour abonder dans le même sens. « Plutôt que d’élire un SG par défaut, prisonnier d’un clan, marionnette du SG sortant, laissons une commission provisoire composée de sages du parti préparer un renouveau des différentes instances, » recommande-t-il.

« Nous avons beaucoup de respect pour MM. Belhaj et Benaddi, mais ils auraient dû soumettre leurs visions à la commission nationale qui les aurait soumises au Conseil national« , réplique un dirigeant du PAM. Ce dernier affirme que les deux leaders en question n’ont plus assisté aux travaux du bureau politique depuis « cinq ou six mois« .

« De toutes les manières, seul le Conseil national est habilité à trancher et le 26 mai, on y verra plus clair« , affirme Mehdi Bensaïd.

article suivant

Guedra Guedra : “Décoloniser les pistes de danse en proposant une musique contemporaine loin du kitsch, de la nostalgie, de l’exotisme”