L'idylle maroco-espagnole expliquée par Bourita et Dastis

De passage à Rabat, Alfonso Dastis a salué la coopération entre le Maroc et l’Espagne, mettant en avant l’aide que peut apporter Madrid à Rabat au sein de l’Union européenne. Nasser Bourita a, quant à lui , salué le rôle joué par le voisin ibère dans l’adoption de la dernière résolution relative à la Minurso.  

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Les ministres des Affaires étrangères marocains et espagnols, le 16 mai 2018, à Rabat. Crédit: MAECI / Facebook

C’est dans le cadre d’une visite officielle au Maroc que le ministre des Affaires étrangères espagnol, Alfonso Dastis, s’est entretenu avec son homologue marocain Nasser Bourita, ce mercredi 16 mai. La rencontre, qui a eu lieu au ministère des Affaires étrangères à Rabat, s’est déroulée dans « une très bonne ambiance ». Selon nos informations, elle a été l’occasion pour les deux diplomates d’évoquer les questions relatives « à la migration, la sécurité et la coopération économique entre les deux pays ».

La question du Sahara, qui a fait l’objet de nombreux développements, a également été abordée lors de la rencontre entre les deux ministres, selon une dépêche publiée par l’agence de presse MAP. A l’issue de cet entretien,  et alors que le Maroc et l’UE négocient actuellement un nouvel accord de pêche, le ministre espagnol a déclaré qu’il « est clair que le Maroc est pour l’UE un partenaire fondamental« . Un partenariat que Madrid souhaite renforcer, en faisant office d’intermédiaire  « pour aider à l’établissement d’un cadre privilégié » entre Rabat et les 28.  Alfonso Dastis a notamment souligné que l’un des objectifs de cette visite était non seulement de passer en revue les relations entre les deux pays, mais aussi d’évaluer la coopération maroco-espagnole avec l’UE.

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Alors que l’Espagne fait office de premier partenaire commercial du Maroc,  le chef de la diplomatie ibère a affirmé que ses entreprises nationales doivent profiter des possibilités qu’ouvre le marché marocain vers l’Afrique. L’entretien avec Nasser Bourita a également été l’occasion pour le ministre des Affaires étrangères espagnol d’évoquer la possibilité de « partager et de mettre en commun nos atouts aussi bien pour l’Afrique que pour l’Amérique latine, pour développer des synergies que nos deux pays peuvent mettre en œuvre« .

Soutien espagnol à l’ONU

De son côté, Nasser Bourita a loué une coopération « exemplaire » dans les domaines de la lutte contre la migration clandestine et le terrorisme. Pour le diplomate, la relation entre les deux pays fait office de référence, à un moment où le Maroc s’apprête à accueillir la conférence de l’ONU sur la migration, qui aura lieu au mois de décembre prochain à Marrakech.

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Les deux hommes ont également évoqué la question du Sahara. A ce sujet, le représentant de Madrid, qui fait partie du Groupe des Amis du Sahara – chargé de rédiger la résolution de l’ONU relative à la Mission des Nations Unies au Sahara (Minurso) – a affirmé que son pays est « favorable à une solution durable dans le cadre des Nations Unies« .

Pour sa part, Nasser Bourita s’est réjoui du « rôle constructif joué par l’Espagne en tant que membre du groupe des amis du Sahara dans l’élaboration et la défense » de la résolution dans laquelle le Conseil de sécurité de l’ONU condamne la présence d’éléments du Front Polisario à Guergarat. Evoquant le processus de résolution du conflit et le plan d’autonomie marocain, le diplomate marocain a déploré le fait que « le schéma du processus politique n’a pas permis que cette initiative (le plan d’autonomie, ndlr), considérée comme sérieuse et crédible par le Conseil de sécurité, puisse être discutée, expliquée et examinée dans le cadre du processus politique« .

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