Conférence de Marrakech: le Maroc veut confirmer sa place de champion migratoire africain

La Conférence ministérielle sur la migration et le développement rassemble pas moins de 26 pays africains et 31 européens, accompagnés de la représentante spéciale du SG de l’ONU sur la migration, d’émissaires de la CEDEAO, de la Commission européenne et de l’OIM. Crédit: MAP

La cinquième Conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement se tient ce mercredi à Marrakech. Un nouvel événement d’envergure sur ce thème dont la diplomatie marocaine a fait l’une de ses priorités, développant une expertise saluée de part et d’autre de la Méditerranée.

Le Maroc a décidé de jouer, sous l’égide du roi Mohammed VI, un rôle de champion en matière migratoire au niveau africain ». Les mots sont de l’ambassadeur Jean-Luc Bodson, envoyé spécial pour la migration et l’asile en Belgique, qui assurait cette année la présidence tournante du Dialogue euro-africain sur la migration et le développement – surnommé Processus de Rabat, en référence à la ville où s’est déroulée en 2006 sa première rencontre.

Le Royaume, qui « est à la fois un pays d’origine, de destination et de transit, constitue un partenaire essentiel en matière de migration, aussi bien pour la Belgique que pour l’Union européenne », a déclaré mardi le diplomate, lors d’une réunion de hauts fonctionnaires. Organisée en prélude à la grand-messe du lendemain, cette répétition a permis de rappeler les cinq piliers de la Valette, qui figureront dans la Déclaration politique et le Plan d’action adoptés dans la Ville ocre.

Dans l’ordre, ceux-ci consistent en l’examen des causes profondes de la migration, la promotion des migrations régulières, la protection des réfugiés de guerre ou politiques, la lutte contre le trafic des migrants, et le renforcement des contrôles migratoires. Autant d’axes qui constitueront la feuille de route à suivre pour les quatre années à venir.

Un Pacte historique sera signé à Marrakech en décembre

Lancé en 2006 à l’initiative du Maroc, du Sénégal, de l’Espagne et de la France, le Processus de Rabat est, selon son site Internet, « une plateforme pour la coopération politique entre les pays concernés par les routes migratoires qui relient l’Afrique Centrale, de l’Ouest et du Nord à l’Europe ». Possédant des instances permanentes à Bruxelles, il est financé par l’Union européenne. Ses quatre premiers rendez-vous se sont tenus à Rabat (2006), Paris (2008), Dakar (2011) et Rome (2014).

L’attribution de ce cinquième congrès au Maroc est une confirmation de son influence prépondérante en la matière, après la nomination de Mohammed VI, en mars 2017, à la tête de la commission de l’Union africaine (UA) chargée de l’immigration. Dix mois plus tard, à l’occasion de la 30e Assemblée générale de l’UA, le Royaume a proposé de créer un poste d’envoyé spécial chargé de la migration, ainsi que d’héberger un Observatoire africain pour la migration.

Du 5 au 7 décembre prochains, Marrakech abritera le 11e Forum mondial sur la migration et le développement, co-présidé cette année par le Maroc et l’Allemagne. Ce meeting sera un banc d’essai avant l’organisation, dans la foulée, de la Conférence internationale sur la migration (CIM). Cet événement devrait aboutir à la validation d’un « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », premier document de l’histoire des Nations-Unies à aborder la migration dans sa globalité.

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