L'incendie de la résidence des policiers à Imzouren de nouveau évoqué

Karim Amghar, soupçonné d'avoir incendié la résidence de policiers le 26 mars 2017 à Imzouren, comparaissait ce jeudi devant le juge de la Cour d'appel de Casablanca, dans le cadre du procès des 54 détenus du Hirak.

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Karim Amghar, soupçonné d’avoir incendié la résidence de policiers le 26 mars 2017 à Imzouren, comparaissait ce jeudi devant le juge de la Cour d’appel de Casablanca, dans le cadre du procès des 54 détenus du Hirak.

« Acteur associatif, artiste peintre et commerçant connu de tous à Imzouren« . C’est ainsi que se présente Karim Amghar, devant le président de la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca, en cette après-midi du jeudi 22 mars. Le détenu, âgé de 33 ans, doit répondre à de lourdes accusations: « ‘atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat à travers la réception de fonds destinés à financer une activité ou une propagande de nature à porter atteinte à l’intégrité, à la souveraineté, à l’indépendance du Royaume, ou à ébranler la fidélité« , ainsi que la « mise à feu volontaire volontaire d’un bâtiment et d’un véhicule« , un crime passible de peine de mort, selon les dispositions de l’article 580 du Code pénal.

S’il fait preuve d’une aisance linguistique et d’une cohésion remarquable dans ses propos, Karim Amghar ne peut s’empêcher de fondre en larmes à la mention de son « camarade de classe et ami d’enfance » Mohcine Fikri. « Ce cri de souffrance qu’il a lâché alors qu’il se faisait broyer dans la benne à ordures résonne toujours dans mes oreilles. Je ne peux m’empêcher d’y penser« , gémit-il devant le juge.

Il est l’auteur de la réplique de la « Guernica », célèbre tableau de Picasso, déployé 40 jours après la mort de Mohcine Fikri. Un hommage au vendeur de poisson dont la mort tragique a provoqué l’émoi des Rifains, et déclenché le Hirak, en octobre 2016.

Karim Amghar a aussi contribué à la confection d’une des banderoles brandies par les manifestants lors de la marche organisée en mai 2017, durant laquelle le mot d’ordre des militants du Hirak était:  « Nous ne sommes pas des séparatistes ». Une manifestation qui faisait suite au communiqué de leaders politiques les accusant de « séparatisme« .

La défense accusée de ralentir l’audience

Alors que l’audience suit son cours, une polémique naît entre avocats de la défense et le procureur. Celui-ci indique que trois détenus sont absents pour cause de maladies, et que 2 autres demandent à être reçus par un médecin.

Alors que l’avocate Naïma El Guellaf intervient pour solliciter la convocation du médecin, afin qu’il interprète les certificats médicaux, la partie civile accuse la défense de « douter » de l’authenticité des certificats médicaux, et dénonce une « entrave » au procès. « Quel est l’intérêt de cette remarque, si ce n’est ralentir l’audience?« , s’interrogent alors les avocats de la partie civile Ibrahim Rachdi et Mohamed Kerrout.

Le procureur soupçonne Karim Amghar d’avoir mis à feu la résidence des policiers, le 26 mars 2017 à Imzouren. Mais l’accusé s’en défend. « Ce jour-là, j’ai passé la journée avec ma famille au bord de la plage. Nous sommes rentrés peu avant le coucher du soleil. Je me suis rendu ensuite au café à Imzouren, où j’ai eu vent des évènements en consultant mon fil d’actualités Facebook« , raconte-t-il, avant d’ajouter: « sur la vidéo documentant les affrontements, on remarque bien que l’incendie a lieu alors qu’il fait encore jour. Je n’étais à Imzouren qu’au moment du coucher du soleil« . Suite du procès ce vendredi.

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