Les salariés de la SAMIR ont rencontré Bakkoury, "l'homme de la dernière chance"

Les salariés de la raffinerie sont montés au créneau. Une rencontre a eu lieu avec Mustapha Bakkoury, président du conseil de la région Casablanca-Settat.

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Mustapha Bakkoury © YassineToumi / TELQUEL

La débâcle de la raffinerie SAMIR, à l’arrêt depuis le 5 août 2015, n’a pas fini de faire parler d’elle. Une réunion des salariés avec Mustapha Bakkoury, président du conseil de la région Casablanca-Settat, a notamment porté sur les « pertes colossales » causées par l’arrêt de l’activité de l’unique raffinerie marocaine, et sur les milliers d’emplois menacés par sa situation actuelle.

« Après Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, Nizar Baraka ,président du CESE, et d’autres institutionnels, nous avons frappé à la porte de Mustapha Bakkoury. C’est l’homme de la dernière chance. Nous sommes conscients de ne pas être les premiers salariés à faire les frais d’une faillite », explique Yamani Houssain syndicaliste de la CDT.

La rencontre fait suite à un énième sit-in des salariés organisé le 7 mars devant le siège du ministère des Energies et des mines ont Rabat. « Bien que nous soyons pessimistes sur le sort de la raffinerie, nous pensons que SAMIR est une cause nationale. Il y a des enjeux sociaux certes, mais surtout économiques », poursuit-il. Contacté par nos soins, Mustapha Bakkoury n’avait pas pu être joint dans l’immédiat.

Flashback

Dettes colossales envers l’État, les banques et les fournisseurs, promesse de recapitalisation non tenue, saisie d’actifs, défaut de paiements… L’actionnaire principal, Mohamed Al Amoudi, raflé pendant la purge anticorruption en Arabie Saoudite, avait vendu du rêve.

Pourtant, le ministre des Finances, Mohamed Boussaid, s’accroche inlassablement à un retour en grâce de SAMIR. L’argentier du pays assure lors de ses sorties médiatiques que « jamais l’Etat n’abandonnera sa créance« , tout en mettant en exergue que ce sont les salaires et les créances à caractère social qui passent avant le Trésor, comme le stipule le cadre législatif.

Sur les 40 milliards de dirhams de dettes recensées par le liquidateur, 12 milliards sont dus au Trésor au titre de taxes intérieures sur la consommation (TIC). Sauf surprise de dernière minute, la somme passera probablement en pertes et profits dans les comptes de l’Etat.

Le ministre Aziz Rabbah avait pour sa part concédé au Parlement que le « Maroc n’avait pas besoin d’une raffinerie et que les distributeurs pétroliers ont parfaitement comblé le vide laissé par la débâcle de la SAMIR« .