Affaire Bouachrine : les quatre premières heures mouvementées du "procès du siècle"

Après plus de quatre heures de tension palpable, le juge a décidé de reporter le procès de Taoufik Bouachrine au 15 mars.

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Les avocats de Taoufik Bouachrine. Crédit: AIC Press

Une salle comble accueillait en cette matinée de journée internationale des droits de la femme le début du procès de Taoufik Bouachrine, directeur d’Akhbar Al Yaoum et d’Alyaoum24, poursuivi notamment pour viols, tentatives de viol et traite d’êtres humains.

A l’origine , les plaintes de 8 journalistes, collègues et consœurs : A. L., K. J., A. H., A. B., B. M., S. L., A.H. et A.K.. Trois autres noms se sont greffés à la liste des plaignantes, portant désormais le total à 11.

Isolées dans une salle à part pour des « raisons de sécurité« , elles sont défendues par une douzaine d’avocats, dont la militante féministe Khadija Rougani et l’avocat du barreau de Fès, Jaouad Benjelloun Touimi. Celui-ci s’est retrouvé à plusieurs reprises pris en aparté par le bâtonnier Mohamed Ziane, qui lui a reproché férocement de qualifier ses clientes de « victimes« .

Leurs échauffourées ont causé par trois fois la levée de la séance en l’espace de 3 heures, mais aussi des rappels à l’ordre du juge qui estime que « ces comportements ne sont pas à la hauteur de l’importance de l’affaire« .

La principale demande de la défense a été la suspension du dossier. Et pour cause, le dépôt de deux recours pour faux : l’un par Taoufik Bouachrine en personne, et l’autre par la plaignante A. B. Le journaliste accuse le procureur général de la Cour d’appel de Casablanca d’avoir « falsifié » le procès-verbal à l’origine de sa poursuite.

Son avocat Me Abdessamad Idrissi a révélé que « le recours a été déposé mercredi dernier auprès du procureur général de la Cour de cassation« , tandis que Me Ziane a ajouté que A. B. a porté plainte contre un officier de la Brigade nationale de la police judiciaire, qui aurait « dénaturé ses dépositions ». Pour le procureur, le recours de la défense est « irrecevable« , le prévenu l’ayant signé séance tenante.

Le temps d’une pause, Me Khadija Rougani nous a confié que les plaignantes se trouvent dans un « état lamentable« , tout en affirmant que certaines d’entre elles ont consulté des psychologues. Me Benjelloun Touimi a même affirmé devant le juge que des membres de la famille de l’accusé ont « menacé » certaines de ses clientes au téléphone.

La défense, par le biais du bâtonnier Abdellatif Bouachrine, a demandé la convocation de 6 témoins dont les noms ont été remis « le matin même au parquet » avant la comparution de l’accusé devant le juge qui en a décidé tout l’inverse.

Peu avant 15 heures, il a ainsi ordonné le renvoi du procès, fixant la date du 15 mars pour la prochaine audience. Une décision justifiée par la « nécessité de la présence de la totalité des plaignantes« . Affaire à suivre.

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