El Othmani se fait l'avocat de l'ONEE et jure que l'eau de Salé-Casa est "potable"

Alors qu'une polémique entoure la salubrité des eaux du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, le chef du gouvernement a voulu rassurer quant à l'état des installations.

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Par Rida Ançari

Lors d’une visite du complexe Bouregreg de l’ONEE, aux environs de Rabat, le chef du gouvernement a voulu faire taire la polémique naissante autour d’une supposée pollution des eaux fournies par cette structure censée desservir en eau potable une zone allant de Salé jusqu’à Casablanca.

Accompagné de sa secrétaire d’État chargée de l’Eau, Charafat Afailal, le chef du gouvernement s’est voulu rassurant en affirmant que « les sept millions de citoyens, résidant entre Salé et Casablanca ne doivent pas s’inquiéter de la qualité de l’eau » qui sort de leur robinet. « Elle est potable », a insisté Saad Eddine El Othmani.

« Cette eau est produite et distribuée aux citoyens grâce aux compétences qui travaillent au complexe Bouregreg. Ce complexe est une fierté pour les Marocains« , a ajouté le chef du gouvernement.

Pour étayer son argument, El Othmani a fait savoir aux médias présents sur place qu’il « est interdit au personnel de faire rentrer des bouteilles d’eau minérale au sein du complexe« . Une mesure dont il se dit « ravi« , et qui constitue selon lui une « preuve » de la qualité de l’eau.

Le chef du gouvernement a ensuite englouti un verre d’eau issue de l’un des robinets du barrage comme pour donner davantage de crédit à ses propos.

Questions sans réponses

De son côté, la secrétaire d’État chargée de l’Eau a appelé les « citoyens à consommer cette eau sans aucune inquiétude« , tout en assurant que les laboratoires chargés d’analyser les eaux issues du barrage sont « labellisés par la norme ISO 9001 relative au management de qualité, et par la norme ISO 17205 qui concerne les exigences générales concernant la compétence des laboratoires d’étalonnages et d’essais« . « Ces laboratoires sont fiables« , a conclu Charafat Afailal.

Dans ce sens, il a expliqué que le déversement des eaux usées de ces établissements pénitentiaires est estimé à 0,2 million m3, contre une retenue du barrage qui s’élève à 721 millions m3.

« Les répercutions de ce taux de pollution sur la qualité des eaux du barrage sont quasiment nuls », a assuré le directeur de l’Agence, soulignant que l’eau provenant du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah et qui alimente la côte atlantique depuis Salé jusqu’à Casablanca est potable ».

Cette visite aux allures de campagne de communication pour le complexe du Bouregreg s’est conclue sous les crépitements des flashs des photographes de presse présents, sans une allusion à l’origine de la polémique sur les eaux du barrage.

En plus de l’intervention des responsables du gouvernement, les organisateurs de la visite se sont contentés de montrer comment s’effectue le traitement des eaux au niveau du complexe, tout en évitant le sujet du déversement des eaux usées depuis les deux stations d’épurations des centres pénitenciers Arjat I et Arjat II aux environs de Rabat.

Le directeur de l’Agence du Bassin Hydraulique de Bouregreg et de la Chaouia, Abdelaziz Zerouali, a expliqué pour sa part à la MAP que des analyses menées par le laboratoire central de contrôle de la qualité des eaux, n’ont relevé l’existence d' »aucune trace de pollution ». Il estime que le déversement des usées issues des prisons d’Al Arjat 1 et 2 n’a pas d’incidence sur la qualité des eaux.

La polémique a éclaté mi-janvier, les résidents des environs du barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah se plaignant de mauvaises odeurs. À leur tour, les habitants de la région de l’axe Salé-Casablanca, alimentés par cette installation, ont commencé à se plaindre d’une altération du goût de l’eau.

Une première « réunion d’urgence » a été organisée. La secrétaire d’État chargée de l’eau, le président de la région, des représentants de la délégation pénitentiaire et de l’Agence du bassin hydraulique du Bouregreg ont promis des solutions pour éviter une contamination des eaux.

Une audition au parlement a par la suite été organisée où les résultats des analyses des eaux ont été débattus en commission. Charafat Afailal a assuré que l’eau est potable et ne constitue pas de danger pour la santé des Marocains. Cette déclaration, et une autre d’El Othmani en Conseil du gouvernement, n’avaient pas suffi à convaincre l’opinion publique. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ?

Lire aussi : Charafat Afailal assure que l’eau du barrage près de Rabat « ne présente aucun danger »

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