Sebta, la grenade dégoupillée à la face du Maroc et de l'Espagne

Deux femmes-mulets sont décédées dans une bousculade, le 15 janvier près du poste-frontière de Tarajal (Jorge Guerrero/AFP)

Interpellé sur la mort de trois Marocains dans des bousculades aux frontières de Sebta et Melilia, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit s’est exprimé sur la situation dans les deux enclaves, hier devant la Chambre des Représentants. « Le problème est très compliqué », a-t-il reconnu.

« Différents partenaires et des intérêts contradictoires » sont mobilisés, a admis le ministre de l’Intérieur, interrogé dans le cadre de la séance de questions orales au gouvernement. « Cette problématique à double facette, légale et sociale, sera très difficile à régler définitivement ». Des mesures ont été prises « en attendant de trouver des solutions qui satisferaient toutes les parties », a ajouté le responsable, évoquant un renfort des forces de sécurité, ainsi que des jours de passage alternés pour les hommes et les femmes.

Malgré la mise en place de ces dispositifs, le décès de deux « femmes-mulets » au niveau du passage Tarajal de Sebta, le 15 janvier dernier, n’a pu être évité, a fait remarquer Salwa Karrouri. L’élue PJD a dénoncé la « normalisation » de la contrebande, dont elle estime le manque-à-gagner  pour le Maroc à 12,5 milliards de dirhams – contre 700 millions d’euros de bénéfices pour l’Espagne. Les députés Istiqlal et PAM ont réclamé une « alternative économique », à travers le déploiement effectif des projets annoncés dans ces régions défavorisées du nord et du nord-est marocain.

Pour nourrir le débat, TelQuel reproduit ici une partie du dossier publié dans son hebdomadaire n°795 du 19 au 25 janvier 2018 :

Des femmes-mulets meurent à sa frontière, la contrebande y bat son plein mais est caduque, les migrants subsahariens y affluent, le radicalisme religieux y grandit… Elle fait l’objet d’une sourde et interminable lutte de souveraineté entre l’Espagne et le Maroc. Plus que jamais, l’enclave espagnole ressemble à une grenade dégoupillée à la face des deux royaumes.

Par Abdeslam Kadiri, envoyé spécial à Sebta

Au poste-frontière de Tarajal, c’est la pagaille. Chaque jour, ce sont quelque trente mille personnes qui transitent à pied ou en voiture le long de corridors grillagés : passeurs – hommes et femmes – mais aussi MRE, familles… Les files sont gigantesques et il faut prendre son mal en patience. Les autos vont en centre-ville, les passeurs et les femmes-mulets se dirigent vers les 260 entrepôts de négociants espagnols du quartier Jado, temple de la contrebande, à proximité de la douane. Comme Karima, qui ressort voûtée sous le poids de l’énorme paquet ficelé sur l’échine. Au jugé, 70 kilos de marchandises achetées. “Je suis venue dès 6 heures du matin pour être sûre d’être servie”, lâche-t-elle. Issues des villes voisines de Tétouan ou Fnideq, les femmes-mulets, estimées à 10 000, travaillent à leur compte ou pour des négociants marocains. Elles achètent couvertures, nourriture, couches-culottes, mais aussi produits ménagers, cosmétiques… Une fois acheminés dehors, les articles inondent le marché marocain. Chaque déplacement rapporte à une femme-mulet 100 à 150 dirhams, en fonction du poids du ballot transporté. Une misère. “Avant, nous faisions plusieurs navettes dans la semaine, voire la journée. Aujourd’hui c’est impossible. La situation est devenue invivable !”, s’alarme-t-elle.

Tour de vis des autorités

Invivable ? Les autorités espagnoles et marocaines ont donné un sérieux tour de vis depuis la mort de deux femmes-mulets, le 28 août dernier, piétinées dans une bousculade. Ce qui n’a pas empêché la mort de deux autres femmes le 15 janvier dans les mêmes conditions. Le préside espagnol ultra-sécurisé a été pourtant fermé aux porteurs. “Avant, seule notre carte d’identité marocaine suffisait pour entrer. Aujourd’hui, on exige notre passeport pour juguler nos allers-retours”, témoigne Fatima, ajustant sa fouta rouge et blanche. Passeport obligatoire donc, mais aussi nouvelle taxe imposée par les autorités de Sebta aux porteurs : 33 euros pour les achats de textile et 5 euros pour les denrées alimentaires. “Cela frappe durement les porteadores, souligne Mohamed Benaïssa, militant et président de l’Observatoire du Nord pour les droits de l’homme. D’autant que, de l’autre côté, les douaniers marocains détroussent parfois les porteurs de leurs marchandises.” Ceux qui ont la chance de passer escaladent ensuite une colline escarpée puis la dégringolent, chargés comme des bêtes de somme, une fois leurs achats effectués. Au risque de se blesser. “Ce n’est plus un travail, c’est devenu une prison”, se plaint Rhimou. Plusieurs associatifs ont dénoncé des conditions de travail “dégradantes” et “humiliantes”. Les policiers sont déboussolés. “Je suis là depuis hier soir, j’ai passé une nuit blanche”, déclare ce jeune agent marocain, face à une marée humaine hurlant son désir d’entrer. “La situation se détériore, glisse cet autre. Être passeur est devenu une profession. On trouve des pères, leurs fils, leurs filles. Des familles entières vivent de cela.”

Aujourd’hui, Espagne et Maroc semblent dans l’impasse, sous le feu des projecteurs et la pression des ONG. “Le résultat auquel nous sommes arrivés est la conséquence de décennies de marginalisation du nord du pays et l’incapacité de l’Etat marocain à trouver un modèle ou une stratégie de développement alternatifs, avance Mohamed Benaïssa. Dans le même temps, les autorités espagnoles veulent éradiquer le phénomène de contrebande et se tourner pleinement vers l’activité touristique.”

Un modèle économique caduc

Jusque-là, Espagne et Maroc ont accepté ce commerce à l’ancienne. “C’est une contrebande tolérée. Elle fait les affaires des deux pays, ana- lyse Nabil Driouch, journaliste spécialiste des relations hispano-marocaines et auteur d’un livre de référence, Espagne-Maroc, un voisinage prudent (éd. Slaïki, 2015, en arabe). En fermant les yeux sur ces échanges, le Maroc combat le chômage et la pauvreté qui gangrènent le nord. Quant à l’enclave espagnole, elle écoule ses stocks, en empochant au passage de conséquents dividendes… Des chiffres ? Le marché de la contrebande génère 1 à 1,5 milliard d’euros par an aux deux en- claves (Sebta et Melilia), dont 405 millions d’euros à Sebta. “Ce marché est le principal moteur économique pour la ville, dont il représente près de la moitié du PIB !”, ajoute le chercheur. “Cette situation de contrabando est presque normale, mini- mise une source aux douanes marocaines. On trouve cela partout dans le monde entre deux pays frontaliers, faisant côtoyer développe- ment et sous-développement, comme avec les Etats-Unis et le Mexique”. Question : si les douaniers ne contrôlent pas les marchandises, à quoi servent-ils ? “Ils surveillent les trafics de drogue et d’argent”. Sauf que la donne a changé : la contrebande et les drames des femmes-mulets à l’entrée du polygone de Tarajal II nuisent à l’image des deux pays. En outre, un scandale de produits alimentaires périmés a éclaboussé Bab Sebta… “Certains commerçants peu scrupuleux ont trafiqué les dates de péremption pour écouler la totalité de leur stock”, reconnaît Hicham, commerçant de Fnideq. Juan Vivas, président de Sebta, a pris le taureau par les cornes et établi des normes drastiques de surveillance et de contrôle des produits.

Aujourd’hui, ce modèle économique est à bout de souffle. Le PSOE (parti socialiste espagnol) l’a lui-même qualifié d’“inexorablement périmé” en mars 2016 : “Tous les indicateurs montrent que l’économie ceutie est caduque, proche de l’arrêt cardiaque. Son taux de chômage, d’industrialisation, de pauvreté et de qualité de vie, la placent en queue de peloton des villes espagnoles”. Et les socialistes d’insister sur la nécessité de reconvertir l’économie de la ville.

Le radicalisme religieux, effet boomerang

Contrebande, immigration d’origine subsaharienne (voir p. 34), Sebta est un monde à part. Une poudrière. Excessif pour l’universitaire espagnol Bernabé Lopez Garcia, “mais il est certain que c’est une ville de contrastes. Avec une architecture brillante en centre-ville et une barrière frontalière hors de contrôle, où l’extrémisme croît.”

Le radicalisme religieux est rampant. Le rapport 2016 sur la sécurité nationale cite l’enclave comme l’un des principaux foyers de l’islamisme radical en Espagne, avec la Catalogne, Madrid et Melilia. Sebta abrite une communauté islamiste radicale et cultive des liens avec des islamistes d’autres pays européens. Entre 2013 et 2016, 20,3 % des personnes condamnées pour des activités liées à l’Etat islamique ont été détenues à Sebta. Parmi ces personnes, 43,4 % se sont “radicalisées” à Sebta, détaille un rapport du think tank Real Instituto Elcano. Abondant dans ce sens, un rapport récent de l’Institut espagnol des études stratégiques (IEEE), dé- pendant du ministère de la Défense espagnol, met en garde contre la présence de réseaux djihadistes à Sebta. Pourquoi diable Sebta ? L’environnement, d’abord. Le voisinage avec une région poreuse et perméable comme Fnideq, où le chômage et la pauvreté battent des records, n’arrange rien. “Une bonne partie des cellules terroristes dé- mantelées par le BCIJ viennent du nord du Maroc. A Sebta, les gens entrent et sortent, les idées circulent et se propagent”, explique Nabil Driouch. Autre raison, bien moins connue : les services secrets espagnols (Centro National de Inteligencia) ont combattu l’influence de l’islam sunnite malékite dans le préside. “L’invocation du nom du Roi Mohammed VI par les imams à la fin des prières effrayait les Espagnols. La tutelle religieuse des Habous les inquiétait sur le fait que le Maroc asseyait sa souveraineté religieuse à travers les imams et les prêches. Les services ont donc laissé le champ libre, avant les attentats de Madrid de 2004, à des groupes comme Addawa wa Atabligh ou au salafisme jihadiste, afin de contrecarrer l’islam sunnite malékite marocain”, décrypte Nabil Driouch. Mauvais calcul. L’effet boomerang ne tarde pas à arriver. Et il est dévastateur.

Quand l’extrémisme apparaît, l’Es- pagne le combat. Trop tard. “Les renseignements espagnols ont contribué à imprégner la société ceutie d’un islam sans liens avec l’identité religieuse marocaine”, poursuit Nabil Driouch.

Barrio Principe, fief des musulmans

Il suffit de se rendre au Barrio Principe, le fief des musulmans de Sebta, pour croiser des dealers à la petite semaine ou des barons de la drogue. Cocaïne, haschich, crime, on trouve dans ce coupe-gorge un cocktail explosif. “Les musulmans de Sebta souffrent de marginalisation sociale, voire d’exclusion. Or, les groupes religieux prolifèrent dans ces milieux et s’en nourrissent”, relève un expert. Le quartier a même eu droit à sa série éponyme : El Principe, qui a fait un tabac en Espagne. A Sebta, les deux communautés se regardent en chiens de faïence. Dans le bus, les Espagnols d’origine marocaine désignent les Ibères par “nsara” (chrétiens) quand ces derniers les qualifient de “moros” (maures). “Comme si dans l’imaginaire collectif, le référentiel religieux est toujours prégnant et opérant. Au-delà de la nationalité”, ironise Nabil Driouch. Ici, on cohabite sans forcément voisiner chaleureusement. Selon Bernabé Lopez Garcia, “il faudrait porter une meilleure attention à la population défavorisée, lui donner une éducation et créer un emploi digne pour tous. Même s’il y a des facteurs internationaux, notamment les crises au Moyen-Orient, qui n’aident en rien à créer un climat propice pour endiguer cet extrémisme”.

La souveraineté, véritable enjeu

Dans ce “confetti déchiré entre deux continents”, pour reprendre un joli titre de Libération (2 janvier 1995), c’est une sourde lutte entre le Maroc et l’Espagne qui se joue. “Le Maroc ne reconnaît pas la souveraineté de l’Espagne sur la presqu’île et encore moins la frontière. C’est la raison pour laquelle on ne trouve pas de douanes commerciales à Sebta. L’Espagne est, elle, là-bas pour le prestige militaire. Financièrement, Madrid y perd beaucoup”, estime Nabil Driouch. En 2008, des hommes d’affaires espagnols ont adressé une lettre ouverte à Mohammed VI, parue dans le journal El Pais, demandant l’instauration de douanes commerciales à Sebta et Melilia. Niet catégorique de Rabat. Quelques mois auparavant, le ministère de l’Intérieur espagnol a voulu offrir 72 véhicules (dont plusieurs 4X4) au Maroc, qu’il a souhaité livrer via Sebta. Mais Rabat a refusé de venir les chercher, ne reconnaissant pas la présence du poste-frontière de Tarajal II. Les voitures seront ramenées à Algésiras puis envoyées à Tanger.
Autre anecdote, rapportée dans le livre de Nabil Driouch et qui vaut son pesant de cacahuètes : le 5 juin 2003, Driss Jettou, alors Premier ministre, se rend chez José María Aznar, dans sa ferme de Quintos de Mora, dans la province de Tolède. Les deux hommes se baladent dans les prés et parlent sans langue de bois. Question d’Aznar : “Vous demandez sérieusement la souveraineté de Sebta et Melilia ?”. Réponse de Driss Jettou : “Nous ne cesserons pas de revendiquer la souveraineté de Sebta et Melilia. Cela ne nous dérange aucunement que des Espagnols aient des terrains au Maroc. Nous avons d’ailleurs donné à l’entreprise Fadesa des terrains de 700 hectares, l’équivalent de Sebta et Melilia réunies ! Ce qui nous contrarie en revanche, c’est de voir les symboles de la souveraineté marocaine absents des deux villes, de constater la présence d’éléments des forces de l’ordre et de la douane espagnols et qu’il faille un passeport ou un visa pour y entrer”. D’après l’ex-chef de l’Exécutif marocain, si l’Espagne retire ses drapeaux et sa frontière, elle pourrait alors obtenir n’importe quel 
projet d’envergure au royaume… Ces revendications ne datent pas d’hier. Peu après l’indépendance, Rabat s’est donné pour objectif de récupérer les territoires qui forment l’espace géographique marocain. Parmi eux : Sebta, Melilia et les peñones de la côte méditerranéenne. Dès 1960, le Ma- roc a porté ses revendications à l’Assemblée générale de l’ONU. “En 1966, le roi Hassan II est même allé jusqu’à soutenir les prétentions espagnoles sur Gibraltar, affirmant que si le territoire britannique était décolonisé, alors Sebta et Melilia devraient automatiquement être restituées au Maroc. Ce fut le leitmotiv de la politique étrangère de Hassan II pendant de nombreuses années”, souligne Yves Zurlo, auteur de Sebta et Melilia, Histoire, représentations et devenir de deux enclaves espagnoles (éd. L’Harmattan, 2005).

Pour le Maroc, juge Nabil Driouch, “les relations bilatérales ont souvent été empoisonnées par la question de Sebta et Melilia, éternels champs de bataille. Sous le règne de Mohammed VI, l’une des crises les plus importantes a été celle de l’îlot Perejil (ou Persil), Leila pour le Ma- roc, en 2002, situé à 4 km de Sebta.”

Quel avenir pour l’enclave ?

Les visites officielles des dirigeants espagnols dans les présides ont toujours jeté de l’huile sur le feu. Lors de la visite d’Etat du roi Juan Carlos à Sebta en 2007, l’ambassadeur du Maroc en Espagne a été rappelé. Le souverain espagnol y a affirmé sa volonté politique d’ancrer définitivement Sebta dans le territoire national. Un camouflet pour Rabat. Bis repetita en 2010, quand José María Aznar s’est rendu à Melilia accompagné de son fils Felipe. “Le message au Maroc est subliminal : la question des présides est une affaire de générations”, corrobore Nabil Driouch.

En réalité, la péninsule cherche d’autres stratégies de développement pour Sebta, comme les services ou le tourisme… D’autant que la crise économique qui a frappé l’Espagne a chassé nombre de ses citoyens vers le nord du Maroc, où ils ont trouvé un emploi dans le bâtiment ou à Tanger Med. Un vrai casse-tête pour Madrid. “L’unique solution réside en une négociation de fond entre les deux pays pour mettre fin à ce drame, même si cela change le mode de vie de la cité, où prédomine la contrebande”, souligne Bernabé Lopez Garcia. “Sebta et Melilia doivent jouer de nouveaux rôles pour leur propre survie. Espagnols et Marocains devraient aborder ce sujet par le dialogue. Pourquoi ne pas les convertir en vrais pôles de développement économique et humain ?”. Suite à la récente crise catalane, le parti Ciudadanos (droite) a enjoint plusieurs sociétés qui ont quitté la Catalogne à s’installer à Sebta, afin de doper le tissu économique de la ville. “La crise est très vite entrée à Sebta et elle n’en sortira que tard”, affirme Nabil Driouch. Mais l’expert est formel : “Sebta n’est plus ce qu’elle était dans les années 1980. Seul survit son mythe, celui de marchandises réputées moins chères”. Aujourd’hui, la mondialisation et les accords de libre-échange, avec la Turquie notamment, permettent d’obtenir des marchandises (Chine, Taïwan, etc.) au même prix… De plus, “nos habitudes de consommation ont changé. Nos parents et grands-parents connaissaient le mythe de Sebta, nous non. Ce modèle économique est en perte de vitesse et il faut le changer”. Un sacré défi pour les deux royaumes. Avec comme toile de fond l’indépendance des deux enclaves espagnoles, revendication mise sous l’étouffoir par le Maroc. Mais à laquelle Rabat pourrait ré-insuffler vie. L’IEEE craint dans son récent rapport que le Maroc agite la question de Sebta et Melilia pour faire taire les protestations internes. Le Rif et Jerada, points chauds du moment, ne sont pas cités par le think tank espagnol mais semblent avoir inspiré ce diagnostic.

Melilia, l’autre poudrière

En constante progression, la population d’origine marocaine représente actuellement près de la moitié des habitants de Melilia et soulève, par son nombre croissant, les craintes autour de l’hispanité de l’enclave. Dans un rapport présenté au ministère espagnol de la Défense en 2014, l’Institut royal espagnol Elcano alerte sur ce “processus de marocanisation” qui pourrait aboutir à long terme à un soutien à la demande de souveraineté du Maroc sur la ville. Cette revendication pourrait être exacerbée par le fait que l’économie de Melilia, basée en majorité sur la contrebande, ne permet pas l’intégration de la population d’origine marocaine, qui survit de bric et de broc. Cette marginalisation a déjà des effets pervers, comme la radicalisation. Une étude de l’Institut Elcano datant de juillet 2016 s’est penchée sur le profil de 130 personnes arrêtées en Espagne entre 2013 et 2016 pour des activités terroristes en lien avec Daech. Près de la moitié étaient des Espagnols et plus de 70 % étaient nés à Melilia et Sebta. Beaucoup d’auteurs des derniers attentats en Europe ont un lien avec Melilia. Mohamed Houli Chemlal, impliqué dans les attentats de Barcelone et Cambrils de l’été dernier, est natif de l’enclave espagnole. Tout comme l’un des auteurs des attentats de Madrid de 2004.[/encadre]
 

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