Ce qu'il faut retenir des recommandations du Conseil supérieur de l'éducation pour "une école plus juste socialement"

Pour le Conseil supérieur de l'éducation, une école juste socialement passe, entre autres, par la réduction des disparités sociales, la rationalisation du système d'orientation et l'égalité linguistique.

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Omar Azzimane. (c) DR

Dans son rapport intitulé « Une école de la justice sociale, une contribution à la réflexion autour du modèle de développement », le Conseil supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique pointe les tares du modèle éducatif marocain, plaçant les disparités sociales au centre de la « crise de l’éducation ». Il y livre également ses recommandations pour « une école plus juste socialement ».

Pour le Conseil présidé par le conseiller du roi Omar Azziman, la lutte contre l’analphabétisme et l’éradication de ses causes doit faire office de priorité. « Cette mesure permettrait d’élever le niveau éducatif général de la population, mais aussi de limiter les disparités sociales qui influent sur le niveau des élèves », indique le rapport. Concrètement, cela passe par l’enseignement de la lecture et de l’écriture aux +10 ans, en donnant la priorité aux femmes et aux ruraux.

Outre la consécration de l’égalité linguistique dans la société marocaine, le CSEFRS préconise « la mise en application de l’enseignement obligatoire entre 4 et 15 ans », en accordant une importance capitale au préscolaire qui « garantit l’égalité des chances, l’ouverture d’esprit de l’enfant et lutte contre le travail de ceux-ci ».

Autre recommandation du Conseil, l’amélioration et l’élargissement des programmes d’indemnisation des enfants issus de milieux défavorisés : tayssir, 1 million de cartables, transport scolaire, internats dans les milieux ruraux, cantines. Le rapport note tout de même que « ces programmes doivent faire l’objet d’un suivi et d’une évaluation effectifs et continus ».

Le Conseil suggère également de faire de la lutte contre l’abandon scolaire une priorité en engageant une stratégie à deux étapes : la première consistant à protéger tous les élèves, un à un, et en déterminer les facteurs. Cette mesure passera par « l’aide sociale, la formation des enseignants, le soutien scolaire, la création de structure d’intermédiation sociale et psychologique dans les établissements menacés ».

La deuxième étape consiste à « rapatrier les déserteurs et les réintégrer dans le circuit en leur proposant des programmes qualification, ou une alternative telle que la formation professionnelle ». Dans ce sens, le Conseil recommande de créer un système de récolte des données permettant de détecter et anticiper les cas menacés d’échec ou d’abandon

L’instance dirigée par Omar Azziman conseille de « faire en sorte » qu’à la fin de l’enseignement obligatoire, les élèves maîtrisent les deux langues officielles que sont l’arabe et l’amazigh, en plus d’au moins une langue étrangère.

Le système d’orientation des étudiants est également concerné. Actuellement, les meilleurs élèves se dirigent vers les filières scientifiques, les moyens vers les filières littéraires, et les mauvais vers l’enseignement originel. Pour le CSEFRS, « la rationalisation de celui-ci devrait régler les flux d’élèves vers les différentes filières » , mais aussi permettre aux élèves de changer d’orientation de manière fluide.

Concernant l’enseignement supérieur, le CSEFRS veut valoriser les établissements à accès ouvert en « prévoyant des matières de sciences humaines dans les filières scientifiques et des matières scientifiques dans les filières littéraires ».

Enfin, le Conseil recommande l’application de la reddition des comptes dans les plus petites unités de scolarisation. Mais ceci n’est possible qu’en « offrant une marge de manœuvre aux directeurs d’établissement pour mettre en place un projet pour leur école », souligne le rapport.

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