Pour Boussaid, la Banque centrale doit être "dégagée des turpitudes politiques"

Mohamed Boussaid. Crédit: Rachid Tniouni

Le ministre des Finances est revenu dans une interview accordée à L’Économiste sur le projet de loi modifiant le statut de Bank Al Maghrib. Un sujet polémique depuis la présentation du texte au parlement.

Bank Al Maghrib (BAM) doit être « complètement dégagée des turpitudes politiques« , estime le ministre des Finances, précisant que l’objectif n’est pas l’indépendance de la banque centrale en soi, mais de « renforcer la crédibilité de la politique monétaire au Maroc et donner plus de visibilité aux investisseurs« . Il assure toutefois qu’il n’y aura « pas d’indépendance absolue, car elle n’existe pas« .

Dans son interview, Mohamed Boussaid rappelle également la nécessité « d’immuniser la Banque centrale contre l’influence des lobbys ou des conflits d’intérêts lors de la prise de décision ».  

Le projet de loi relatif au statut de BAM, récemment présenté au parlement, contient plusieurs dispositions qui renforcent l’indépendance de la banque centrale. Le texte prévoit notamment que la Banque centrale puisse fixer les objectifs d’inflation, ait la main sur la mise en oeuvre de la politique de change, contribue au maintien de la stabilité financière, et puisse octroyer des « facilités d’urgence » aux organismes de crédit, entre autres prérogatives.

La lecture de Mohamed Boussaid ne fait cependant pas l’unanimité. Au niveau de la majorité, les députés du PJD ont exprimé leurs craintes au sujet de ce projet de loi. Pour Abdellatif Berraho, député PJD, Bank Al Maghrib ne peut être indépendant de l’Exécutif parce que la constitution ne prévoit pas ce cas de figure. Le capital de la Banque centrale est détenu par l’État et celle-ci ne peut pas intervenir dans la gestion en dehors du gouvernement.

Dans son interview, Boussaid revient aussi sur la question sensible des cryptomonnaies. Le ministre des Finances estime que les monnaies virtuelles reposent sur « la block-chain qui est une technologie d’avenir« . Comment expliquer alors le communiqué officiel dans lequel les autorités monétaires s’étaient ouvertement opposées aux monnaies virtuelles ? « Des études sont menées pour que nous puissions nous adapter à l’évolution future de ce type de monnaie« , répond le ministre des Finances.

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