Le PJD dépose une proposition de loi pour "protéger" la langue arabe et imposer son utilisation

Le texte prévoit des amendes en cas d'infraction aux dispositions exigeant l'arabe dans les annonces publicitaires ou encore certains documents administratifs.

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Driss El Azami El Idrissi au Parlement. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

Le groupe parlementaire PJD, présidé par Driss Azami, a déposé le 15 novembre dernier une proposition de loi ayant pour objectif de « protéger et développer l’usage de la langue arabe« . Le texte, long de 13 pages et 42 articles, tire ses fondements de l’article 5 de la constitution, selon lequel « l’arabe demeure la langue officielle de l’État« . Le but de cette proposition de loi est « d’intégrer la langue arabe à l’éducation et tous les domaines prioritaires de la vie publique« , peut-on lire dans l’incipit du texte.

L’article 4 de la proposition de loi prévoit notamment « la création d’une académie chargée d’unifier le lexique de la langue arabe et de l’épurer de tous les mots et expressions étrangers« . Ajoutez à cette académie « des instituts spécialisés chargés du développement de la langue arabe« , prévus à l’article 5.

Les auteurs du texte exigent à travers l’article 7 « l’obligation d’enseigner la langue arabe à tous les enfants marocains dans la totalité des établissements opérant au Maroc ». Il ne s’agit pas d’une nouveauté puisque « toutes les écoles publiques privées marocaines comme étrangères ont obligation de dispenser des cours en langue arabe« , rappellent nos confrères de Yabiladi.

La proposition de loi consacre trois articles au volet « langue arabe et médias« . L’article 12 prévoit la création « d’une commission commune entre l’institut chargé du développement de la langue arabe et les chaînes audiovisuelles« . Cette commission sera « dédiée au suivi de l’usage de la langue arabe« . L’article 13 exige de son côté « l’utilisation de la langue dans toutes les publicités, écrites comme audiovisuelles« .

Des amendes en cas d’infraction

Toute infraction aux articles organisant l’utilisation de la langue arabe dans les annonces publicitaires est punie « d’une amende entre 10.000 et 50.000 dhs« , indique l’article 35 du projet de loi.

Le texte prévoit également une amende de 5.000 à 20.000 dhs si les documents distribués lors d’événements ou de conférences organisées par des Marocains ne sont pas rédigés en langue arabe. Idem pour les contrats de travail rédigés dans une autre langue que l’arabe.

Une question orale à ce sujet a été posée par le député PJD Essaïd Essadek, lors de la séance du lundi 20 novembre à la Chambre des représentants. Celui-ci a interpellé Mohamed Laarej, le ministre par intérim de l’Éducation nationale, sur « l’attention accordée à la langue française dans l’enseignement au détriment des langues amazighe et arabe« .

Laarej s’est contenté de rappeler que « la stratégie d’enseignement des langues 2017-2021 est parfaitement compatible avec la vision stratégique de l’enseignement 2015-2030« . Cette stratégie a été approuvée en février 2016 par le gouvernement Benkirane.

Cette initiative du PJD intervient quelques mois après les engagements de l’ex-ministre de l’Éducation, Mohamed Hassad, qui a introduit l’enseignement de la langue française dès la première année du primaire, et a renforcé son apprentissage à partir de la cinquième année de scolarisation.

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