Omar Brouksy : "Des personnalités françaises affaiblissent la dynamique démocratique au Maroc"

Omar Brouksy signe une nouvelle enquête sur les réseaux franco-marocains à paraître aux éditions du Nouveau Monde le 21 septembre. Interview.

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Omar Brouksy Crédit: DR

Le journaliste Omar Brouksy  (Le Journal hebdomadaire, AFP) publie ce 21 septembre un nouveau livre sur les relations entre le Maroc et la France. La République de Sa Majesté, avec pour sous-titre France-Maroc, les liaisons dangereuses, se veut être « une enquête approfondie » qui « raconte les dessous de ces liaisons dangereuses pour l’idéal démocratique », d’après l’éditeur Les Editons du Nouveau Monde. Dans cette interview, l’auteur raconte sa démarche et ce qui l’a motivé à écrire un livre sur une thématique qui n’est pas nouvelle, mais sur laquelle il promet d’apporter de nouvelles révélations.

Lire aussi :  »La République de Sa Majesté », le dernier livre d’Omar Brouksy sur les  »liaisons dangereuses » franco-marocaines

Telquel.ma : Que veut dire votre titre, La République de Sa Majesté ?

Omar Brouksy : C’est un titre journalistique, car ce n’est pas un livre académique. La titraille est un moment important du livre, puisqu’il exprime une réalité journalistique. Tout simplement, cela signifie qu’il y a un groupe au sein des institutions de la république française. Il agit pour présenter la monarchie marocaine sous les meilleurs auspices, comme un régime exceptionnel pour la région. Ces membres font la promotion de ce régime, en contrepartie d’un certain nombre d’intérêts personnels et le rapprochement des réseaux proches de la monarchie.

La presse se penche de temps en temps sur ces thématiques, des ouvrages ont déjà été écris aussi. Qu’est-ce que votre livre apporte de nouveau ?

La presse s’attarde sur des détails, avec des angles bien précis, et ce qu’on lit est généralement fantasmé. Un seul livre a été écrit en fait, c’est celui de Ali Amar [Paris-Marrakech : Luxe, pouvoir et réseaux, NDLR]  et il date de 2011. Mon livre est une actualisation, avec des angles très différents, et des faits nouveaux. Je pense par exemple au rôle d’Elisabeth Guigou dans le dénouement de l’affaire Hammouchi, ou bien le cas des deux journalistes français Graciet et Laurent. Il y a aussi toute la partie des enjeux de l’influence culturelle, car si la France a bien des enjeux économiques, ils sont aujourd’hui surtout culturels.

Pourquoi qualifiez-vous ces liaisons de « dangereuses« , dans votre sous-titre ? N’est-ce pas commun finalement que de telles relations existent entre deux pays avec un passé en commun ?

Effectivement, le fait qu’il y ait des relations très fortes entre les deux pays est normal. Moi je ne m’intéresse pas aux relations d’Etat à Etat, mais aux relations personnelles. Et c’est dangereux parce que ces personnes qui agissent dans les institutions françaises, en idéalisant un régime autoritaire comme le Maroc, affaiblissent toute dynamique démocratique au Maroc. Ces actions sont faites dans l’intérêt du régime et de la monarchie, mais pas de la société et des courants qui appellent à plus de diversité politique.

Comment se passe la relation avec les sources sur le sujet ?

J’ai fait énormément d’entretiens, pour collecter des informations et des idées. Je parle d’un régime qui est fermé, autoritaire, donc de nombreuses sources côté marocain ne voulaient pas être citées. À l’inverse, d’autres ont accepté de l’être. C’est le cas de Saad-Eddine El Othmani qui a bien voulu me parler en « on ». Je sais qu’aucune information ne sera contestée, je suis sûr de mon livre. Le livre paraît aujourd’hui, il a déjà fait l’objet de réactions médiatiques au Maroc et je remercie mes confrères pour ça. Quant à une éventuelle réaction des autorités marocaines ou françaises, je suis incapable de le dire.

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