Mohammed VI dénonce la politique israélienne à Jérusalem dans une lettre à Antonio Guterres

Pour le roi, Israël a adopté des mesures "illégales" et "provocatrices" à Jérusalem.

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Dans une lettre envoyée au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ce mercredi 26 juillet le roi Mohammed VI, en tant que président du comité Al Qods, dénonce « les violations systématiques » des autorités israéliennes « dans la ville sainte d’Al Qods et à la Mosquée Al Aqsa bénie« .

Des violations qui, selon le souverain, ne sont pas conformes à « la légalité internationale« . Mohammed VI mentionne notamment six mesures « provocatrices » récemment adoptées par les autorités israéliennes.

« Campagne d’escalade globale »

Le premier acte dénoncé est l’organisation, le 28 mai dernier, de festivités « sans précédent » à l’occasion du 50e anniversaire de « l’annexion d’Al Qods« . Le souverain mentionne le fait que le gouvernement israélien ait organisé une réunion dans un tunnel sous la mosquée Al Aqsa. Durant cette rencontre, l’État hébreu a approuvé le développement de la périphérie de l’ancienne médina « à travers le creusement (…) de tunnels et la construction d’ascenseurs et de passages« .

La seconde mesure évoquée par le souverain est la présentation par le gouvernement israélien d’un projet de loi à la Knesset visant à « judaïser l’enseignement à Al Qods occupé« . Le roi Mohammed VI a également dénoncé dans sa lettre un autre projet de loi portant sur la construction « des colonies israéliennes de la Cisjordanie et d’autres régions de l’est d’Al Qods occupé« .

La quatrième mesure dénoncée par le souverain est l’approbation par une commission ministérielle du projet de loi « Al Qods uni », qui selon le roi, « sape les opportunités d’un accord sur l’avenir de la ville« .

Dans cette lettre, le roi Mohammed VI critique l’adoption par le parlement israélien d’une loi interdisant la levée de l’appel à la prière à « Al Qods et dans les quartiers arabes environnants« .

Le roi dénonce aussi la « campagne d’escalade globale » menée par Israël « à travers la spoliation des terres des Palestiniens et leur privation du droit de construire et l’exécution de mesures d’expulsion à leur encontre« .

« Mesures provocatrices« 

Pour Mohammed VI, Israël « ne s’est pas contenté de cette série de mesures illégales« . L’État hébreu a aussi « accentué la tension » quand il a interdit l’accomplissement de la prière du vendredi dans la mosquée Al Aqsa, fermée à l’occasion, tout en interdisant l’appel à la prière. Une mesure « sans précédent depuis un demi-siècle » rappelle le souverain.

Mohammed VI relève également qu’Israël a adopté « des mesures sécuritaires supplémentaires, provocatrices et inacceptables » en installant des portiques électroniques et des caméras de surveillance dans tous les coins de la mosquée Al Aqsa et sur l’esplanade des mosquées.

Pour le roi, ces mesures « provoquent les sentiments de tous les Palestiniens et pourraient conduire à une colère et à une réaction populaire générales et aggraver la situation dans les territoires palestiniens« .

Mohammed VI estime que ces mesures sont « une provocation flagrante des sentiments de tous les Arabes, les musulmans et les libres de par le monde« . Elles pourraient aussi « attiser les conflits extrémistes« , selon le roi.

Pour toutes ces raisons, Mohammed VI appelle Antonio Guterres à intervenir « d’urgence auprès des autorités israéliennes« , afin qu’elles respectent le « statut juridique et historique » de Jérusalem.