L’arrestation de Said Chaou vue des Pays-Bas

La presse néerlandaise, qui a tenu à maintenir l'anonymat de Saïd Chaou, présente l’ancien élu marocain poursuivi pour trafic de drogue comme un "activiste" impliqué dans le financement des manifestations du Hirak dans le Rif. Chaou devrait comparaître devant un juge néerlandais ce vendredi. 

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Capture d'écran d'un live Facebook de Said Chaou.

C’est avec une photo d’une arrestation à Rosendael (sud-ouest des Pays-Bas), lieu de résidence de Saïd Chaou, poursuivi par le Maroc pour trafic de drogue, que le quotidien régional BN De Stem illustre son article consacré à l’interpellation de l’ancien parlementaire marocain par les forces de l’ordre néerlandaises.

Le quotidien, basé à Rosendael où a eu lieu l’arrestation, décrit l’ancien élu comme un « activiste » et affirme que Chaou, désigné Saïd C. ou simplement C. dans l’article, est impliqué « dans le financement des manifestations dans la région du Rif où les habitants protestent depuis des mois pour la justice sociale et contre la corruption« .

Selon le quotidien, « C. (pour Chaou, NDLR) aurait gagné, avec l’aide de membres de sa famille, des millions à  Rosendael et Etten Leur (une commune voisine, NDLR) en exportant des drogues douces vers la France « .

ADSC

Le quotidien national Algemeen Dagblad (AD) utilise la même illustration que le BN de Stem pour illustrer son article intitulé « L’activiste Saad C. arrêté après une demande d’extradition« . AD rappelle que le Maroc a soumis une demande d’extradition en 2015 et prend position quant à l’acceptation de la requête marocaine par l’État néerlandais: « Les Pays-Bas ne peuvent extrader leurs citoyens que s’ils n’ont la garantie qu’ils puissent purger leur peine aux Pays-Bas et voir leurs sanctions converties aux standards néerlandais « . Le quotidien indique que Chaou passera devant la justice ce vendredi 30 juin.

SCTELEGRAAF

Pour le quotidien Telegraaf, qui illustre son article avec une photo où l’on peut déceler le visage de Saïd Chaou, « le Maroc a donné des assurances quant à l’extradition » de l’ancien député. Le média rappelle que la demande d’extradition marocaine sera examinée par un juge et cite l’avocat de Chaou, Ines Wezki, qui assure qu’elle s’opposera à la procédure. Une opposition motivée par le fait, selon elle, que le Maroc ne pourrait pas respecter son engagement de poursuivre Chaou pour ses activités liées au trafic de drogue.

Pour rappel, le Maroc a assuré via une communication du ministère des Affaires étrangères que « Chaou sera jugé au Maroc conformément à la loi en vigueur et dans le respect des garanties requises« . Le royaume avait salué son arrestation aux Pays-Bas comme « un développement important dans le traitement de cette affaire liée au crime organisé et qui dure depuis des années« .

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