Hirak : Mohammed VI ordonne d'enquêter sur les allégations de "torture"

Mohammed VI entre en lice en donnant ses instructions pour enquêter sur les cas présumés de "torture" et de "mauvais traitements" dénoncés par les avocats du Hirak.

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Les victimes présumées de « torture » ou d' »actes attentatoires à la dignité humaine » seront soumises systématiquement à une expertise médicale, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, lors d’un point de presse tenu à l’issue du Conseil du gouvernement du 8 juin. « Dans les cas où cela serait avéré, la loi sera appliquée avec fermeté« , a-t-il poursuivi, précisant que « des instructions royales fermes (ont été données) dans ce sens« .

Dans des entretiens accordés aux médias, des avocats des militants du Hirak ont dénoncé les mauvais traitements qu’auraient subis leurs clients, notamment lors de leur interpellation par les forces de l’ordre. Selon le LeDesk.ma, « neuf détenus affirment avoir subi des sévices corporels à des degrés divers ».

Lors du procès de 25 manifestants au tribunal d’Al Hoceima le 30 mai, un des avocats de la défense, Maitre Isaac Charia, évoquait à la barre « les coups aux visages et les marques au poignet » de certains prévenus. Un autre avocat, Maitre Mohamed Ziane, avait alors demandé une expertise judiciaire afin de déterminer « si les dépositions des prévenus n’ont pas été obtenues par la force« . Les expertises médicales ont été ordonnées dans la foulée.

Outre les instructions royales, le porte-parole du gouvernement a également donné un bilan officiel détaillé des arrestations. Il a annoncé que 86 personnes ont été arrêtées durant les sept mois de contestation. 16 personnes ont été traduites devant la Cour d’appel d’Al Hoceima, et 32 autres devant le tribunal de première instance de la ville. De son côté, la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) mène l’enquête pour l’instruction de 38 dossiers. Parmi ces cas, 31 personnes ont été placées en détention préventive et sept autres en garde à vue. Ces 38 personnes sont principalement soupçonnées « d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État », comme l’avait indiqué le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar au parlement le 6 juin.

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