Les cinq films tournés à Tanger à voir avant de mourir

A l’occasion de l’exposition Trapped in Tangiers au cinéma Rif de Tanger, l’équipe de la Cinémathèque nous livre sa short-list de films indispensables tournés dans la ville du Détroit.

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Scène de "Only lovers left alive" de Jim Jarmusch

Du 30 mars au 15 avril, la Cinémathèque de Tanger expose des affiches de films ayant pour décor la ville du Détroit dans le cadre d’une exposition intitulée : « Trapped in Tangiers ». Il s’agit essentiellement de films de la période coloniale qui font partie de la collection de la Cinémathèque, ainsi que les célèbres affiches égyptiennes, prêtées par l’artiste marocain Hassan Hajjaj. « Les auteurs, souvent anonymes, n’assumaient pas leur pratique comme une discipline artistique. Et pourtant leur savoir-faire, la mise en page, l’usage des couleurs, la restitution de tensions dramatiques ou comiques étaient magnifiquement maîtrisés, » explique-t-on au cinéma Rif. Telquel.ma a demandé à l’équipe de la Cinémathèque sa liste de films indispensables tournés à Tanger. Voici leur short-list. 

Only lovers left alive 

de Jim Jarmusch

Allemagne/ Royaume-Uni/ France/ Chypre, 2013

only lovers left alive

Adam et Eve forment un couple de vampires cultivés et fragiles. Leur idylle dure depuis plusieurs siècles… De Tanger, elle reste en contact avec lui, punk aristo qui vit à Détroit. Avec ce film de vampires, J. Jarmusch livre son film le plus séduisant et intime : une balade élégante et lasse, subtilement incarnée (Tilda Swinton, plus saisissante que jamais), judicieusement décalée.

El Chergui ou Le Silence violent

de Moumen Smihi

Maroc, 1975

El_chergui_ou_le_silence_violent

Tanger, ville internationale, dans les derniers instants du protectorat marocain : Aïcha, jeune femme mariée et mère d’un garçon, vit prostrée et silencieuse. Le projet de secondes noces de son époux, homme dévot et traditionnel, lui est insupportable. Afin de conjurer le sort, elle recourt à des pratiques magiques. Mais, elle ôte aussi son voile en guise de protestation. Alors que le pays, en liesse, accède à l’indépendance, Aïcha s’enfonce, quant à elle, dans la dépression…

 

Les temps qui changent 

d’André Téchiné

France, 2004

les temps qui changent

Antoine, entrepreneur, se fait muter à Tanger dans le but de reconquérir Cécile, qui fut l’amour de sa vie. Ce film romanesque et mélancolique propose une image de Tanger différente de celle qui était à l’œuvre dans Loin du même Téchiné : une ville immobile, figée dans son passé de la même façon que les migrants sont bloqués devant la mer, et où les amours enfouies peuvent encore, en conséquence, se raviver.

Un thé au Sahara

de Bernardo Bertolucci

Royaume-Uni, Italie, 1990

un the au sahara

En 1947, Port et Kit, deux Américains, débarquent à Tanger avec leur ami Tunner. À travers leur voyage, ils souhaitent raviver leur couple. Mais Tunner tente de séduire Kit… Bertolucci livre une partie de cache — cache entre art et artifice dans un Maroc saisi dans sa réalité la plus envoûtante, attardant notamment sa caméra dans le quartier du Petit Socco pour en saisir son atmosphère aussi moite que sensuelle.

Flight to Tangier

de Charles Marquis Warren

États-Unis, 1953

flight to tangier

À bord d’un avion privé, le pilote Hank Brady tire au fusil sur son seul passager, Franz Kovaz, met l’appareil en pilote automatique et saute en vol. À l’aéroport de Tanger, un autre pilote américain, Gil Walker, accompagne sa petite amie Nicki, une femme nommée Susan Lane et un lieutenant de police, Luzon, au moment où l’avion tombe, en flammes. Les témoins sont emmenés au colonel Wier, pour un interrogatoire au cours duquel on découvre que Gil avait connu Hank pendant la guerre et que Susan était une connaissance du pilote tandis qu’on découvre sur Kovaz des documents falsifiés qui suscitent un intérêt dans la police et parmi de mystérieux hommes de main.

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