Gouvernement: que cachent les sorties cryptiques de membres du PJD?

Après la réunion du secrétariat général du PJD, plusieurs membres du parti de la lampe se sont dirigés vers Facebook où ils ont fait part de leur sentiment sur la formation du gouvernement.

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Crédit : Yassine Toumi / TELQUEL

Suite à une réunion du secrétariat général du PJD consacrée au premier round de tractations relatives à la formation de la majorité gouvernementale, plusieurs membres du parti de la lampe se sont dirigés vers les réseaux sociaux sur lesquels ils ont publié des messages cryptiques. Globalement, on peut comprendre que le parti s’apprête à faire de grandes concessions. S’agirait-il de l’acception de l’USFP au gouvernement? Pour l’heure, rien n’est clair.

Le prophète et Qouraych

Parmi ces mystérieuses sorties, celle de Slimane El Omrani, secrétaire général adjoint du PJD et chargé de la communication à la formation de la lampe, retient l’attention. Dans un message datant du 23 mars posté sur Facebook, il affirme que les élections législatives du 7 octobre ainsi que le Conseil national du 19 mars montrent que le PJD doit « mener le gouvernement ».

El Omrani insiste ensuite sur le besoin de s’adapter aux changements survenus dans les pays arabes au cours des trois dernières années. Une allusion à peine voilée au sort des courants islamistes en Tunisie et en Égypte. Le responsable de la communication du parti de la lampe enchaîne ensuite en citant le pacte de Houdaybia conclu entre le prophète et la tribu de Qouraych. Ce pacte a notamment permis au prophète et à ses fidèles de se rendre à La Mecque.

La sortie de Slimane El Omrani n’est pas passée inaperçue puisqu’elle a suscité une réaction du secrétaire général du PAM, Ilyas El Omari. Le leader du parti au tracteur a également réagi sur Facebook où il affirme avoir « trouvé étrange que l’auteur de ce post recoure au Hadith du prophète pour justifier une affaire politique« . El Omari a également regretté que Slimane El Omrani opère « une distinction dangereuse entre deux groupes, celui de Qouraych et celui du prophète« .

Contacté par Telquel.ma, Slimane El Omrani affirme « ne pas vouloir se comparer au prophète ni comparer les autres formations politiques à la tribu Qouraych« . Il soutient que sa publication contient « des références historiques à des règles juridiques ayant permis une réconciliation politique« . Le responsable du PJD nous affirme que sa publication signifie « que la formation d’une alliance nécessite des concessions et l’obtention d’un consensus« . Il semblerait donc que le PJD, qui n’a pas livré de détail sur le prochain round de négociations, soit prêt à faire des concessions durant les prochaines discussions. Fait-il référence à une éventuelle intégration de l’USFP, que le PJD écartait de toutes ses forces du temps de Benkirane? El Omrani reste sibyllin.

Tir groupé

El Omrani n’était pas le seul à s’épancher sur les réseaux sociaux. En des termes tout aussi mystérieux, Abdelali Hamieddine s’est également exprimé sur l’évolution des tractations à travers Facebook. Dans sa publication, il évoque l’intérêt de la nation et le besoin de former un gouvernement avant de poursuivre le chantier démocratique du royaume.

Dans le même temps, Amina Maelanine y est elle aussi allée de son statut. « Je suis triste, c’est tout ce que j’ai dire. Je félicite ceux qui peuvent cacher leurs sentiments. C’est un moment de déception et de faiblesse », a-t-elle posté sur son compte Facebook. Une publication qu’elle a refusé de supprimer, malgré « plusieurs appels et messages », car elle est « sincère et humaine« .

De son côté, la fille du secrétaire général du PJD, Soumaya Benkirane, a dénoncé la destruction de « la ligne de la lutte contre la corruption et la mainmise qui était notre slogan« .

Crédit facebook

Interrogé sur l’objectif de ces sorties quasi simultanées des membres du PJD, Slimane El Omrani affirme que les membres de sa formation « n’ont fait que réagir sans donner de directives à quiconque ». Après le premier round de discussions, le chef du gouvernement mènera, dans le cadre d’un deuxième round de tractations avec les responsables des formations avec lesquels il souhaite former la coalition gouvernementale. Une coalition dont l’USFP souhaitait faire partie contrairement à la volonté du chef de l’Exécutif sortant, Abdelilah Benkirane.