Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine défie le Maroc

Dans un communiqué publié le 23 mars, le Conseil dirigé par l’Algérien Smaïl Chergui annonce la promotion de Joaquin Chissano en tant que Haut représentant de l’UA pour le Sahara et annonce son intention d’effectuer une mission dans les provinces du Sud dans le courant de l’année 2017. 

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Crédit : Maria Dyveke Styve/Wikipedia.

Dans un communiqué publié le 23 mars, le Conseil de paix et sécurité (CPS) de l’Union africaine a dévoilé les conclusions de sa réunion du 20 mars. L’instance dirigée par l’Algérien Smaïl Chergui souligne dans ce texte au ton agressif « la nécessité urgente de redoubler d’efforts pour faciliter le règlement rapide du conflit« , et appelle à « la tenue du referendum d’autodétermination« . Une solution rejetée par le Maroc qui considère le plan d’autonomie comme la seule base crédible de négociations pour la résolution du différend du Sahara.

Lire aussi : UA : le Conseil de paix et de sécurité titille le Maroc sur son absence à une réunion sur le Sahara

Chissano promu

Les négociations avec les séparatistes du Polisario sont également évoquées par le CPS qui appelle dans son communiqué à la mise en place immédiate « des pourparlers directs et sérieux, sans conditions préalables et conformément à l’article 4 de l’Acte constitutif ». L’article en question appelle « au respect des frontières existant au moment de l’indépendance », ainsi qu’au « règlement pacifique des conflits entre les États membres de l’Union par les moyens appropriés qui peuvent être décidés par la Conférence de l’Union ».

Le communiqué du CPS évoque également le rôle de l’ancien président mozambicain, Joaquin Chissano, qui avait été nommé en juillet 2014 par l’UA en tant qu’envoyé spécial pour le Sahara. Ce dernier a vu ses fonctions renforcées par le Conseil présidé par l’Algérien Smaïl Chergui qui l’a nommé Haut représentant de l’UA pour le Sahara et l’a chargé « de faciliter les pourparlers directs » entre le Maroc et le Polisario.

Le royaume ne reconnait pas l’autorité de Joaquim Chissano et a encouragé, dans une lettre adressée au CPS pour justifier son absence lors de la réunion du 20 mars, les organes de l’Union à « soutenir le processus de résolution [du différend du Sahara, NDLR] mis en place par l’ONU« . Le CPS annonce également dans son communiqué qu’il a décidé « d’effectuer une mission sur le terrain au Sahara occidental au cours de l’année 2017 « .

L’ONU dans le viseur

À quelques semaines de l’examen du mandat de la Mission des Nations Unies au Sahara (Minurso) par le Conseil de sécurité de l’ONU, le CPS appelle également l’instance onusienne à étendre le mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme. Une proposition que rejette également le Maroc qui y voit une atteinte à sa souveraineté.

Ce communiqué du CPS n’est pas en soi une surprise. Cette instance est connue pour son hostilité affichée à l’égard du royaume. Depuis sa création, elle a été dirigée par des responsables algériens, traditionnellement acquis aux thèses du Polisario. L’actuel président du CPS, Smaïl Chergui, qui a été réélu à ce poste lors du sommet de l’UA qui s’est tenu à Addis-Abeba en janvier 2017, avait succédé en 2013 à l’actuel chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra.

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