Une réalisatrice palestinienne sous le coup d'une fatwa et de menaces de mort

Pour la première fois depuis 1948, un ressortissant palestinien est visé par une fatwa.

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A travers le quotidien des trois jeunes femmes, la réalisatrice soulève différents sujets tabous de la société israélo-palestinienne. Crédits : capture d'écran vidéo Youtube

Dans une interview accordée au journal américain The Hollywood Reporter (HR), la réalisatrice palestinienne Maysaloun Hamoud raconte être sous le coup d’une fatwa à cause de son dernier film « Je danserai si je veux« . La jeune femme affirme qu’il n’y avait pas eu de fatwa contre les Palestiniens depuis 1948. « Je suis la première en 70 ans« , affirme-t-elle.

Le drame « Bar Bahar – In between« , traduit en français « Je danserai si je veux », raconte l’histoire de trois jeunes femmes palestiniennes, Leila, Salma et Nour, qui décident de s’installer à Tel-Aviv. Les deux premières, plus libérées, accueillent la troisième plus conservatrice. Primé à San Sebastian et à Toronto, le film n’est pas directement politique. À travers le quotidien des trois jeunes femmes, la réalisatrice soulève différents sujets tabous de la société israélo-palestinienne comme la drogue, l’homosexualité ou l’émancipation des femmes.

Le film a vite cristallisé les critiques et pas seulement celles des fondamentalistes, affirme la jeune réalisatrice dans l’interview. Maysaloun Hamoud et ses actrices ont reçu des menaces de mort. À Umm al-Fahm, une ville israélienne, la municipalité a déclaré qu’elle condamnait le film et interdisait sa diffusion. « Le Maire a donné un discours qui commence ainsi : ‘Je n’ai pas vu le film, mais…’. Ils disent que le film est haram, surtout pour les filles… mais ils illustrent exactement ce que j’ai essayé de montrer« , raconte la réalisatrice engagée.

Maysaloun Hamoud avoue qu’elle s’attendait à ce genre de réactions virulentes, confessant que l’un des buts du film était de « secouer le système ». « L’art cinématographique et l’un des moyens les plus puissants pour faire changer les mentalités« , relève la jeune réalisatrice.

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