Benkirane : « il est temps que les possédants partagent leurs richesses »

Dans un discours résolument social, le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a exhorté les élites à partager leurs richesses afin de garantir la stabilité du pays. 

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Dans un discours résolument social, le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a exhorté les élites à partager leurs richesses afin de garantir la stabilité du pays. 

« Ce n’est qu’aujourd’hui que je me suis rendu compte que cette journée coïncide avec la journée mondiale du dialogue social. Car jusqu’ici, cette date coïncidait pour moi avec le début des manifestations du 20 février« . Dès sa prise de parole à la chambre des représentants à l’occasion du forum mondial du dialogue social, Abdelilah Benkirane donne le ton.

Offensif, un brin militant, le chef du gouvernement a longuement disserté sur la nécessité d’établir une justice sociale, un des mots d’ordre du mouvement du 20 février, devant un parterre de députés marocains, mais aussi, de nombreux étrangers. « Il y a une loi de l’univers, qui dit que les peuples finissent par avoir ce qu’ils veulent« , a lâché le leader du PJD, avant de citer un extrait de La volonté de vivre, célèbre poème de l’auteur tunisien Abou El Kacem Chebbi. « Quand, un jour, le peuple veut vivre ; forcément, le destin lui obéit« , a-t-il lancé.

« Essayer de supprimer la nomenklatura »

« Les gouvernements, les élites économiques et culturelles constituent dans leur globalité le groupe des possédants. On a beau essayer de supprimer cette nomenklatura, on n’y arrive pas. Car les possédants détiennent toutes les capacités d’agir. Contrairement aux autres groupes qui parfois réussissent à protester, parfois ils ne le peuvent pas« , a déclaré Benkirane à la chambre des conseillers, avant de dénoncer ce qu’il considère comme de l’hypocrisie de la part des élites marocaines.

« Tout le monde veut la réforme. Tout le monde veut des solutions. Mais personne ne veut se sacrifier. Personne ne veut qu’on touche à ce qu’il possède, ni son argent, ni son pouvoir, ni son privilège« , a-t-il regretté, avant de lancer une mise en garde : « il faut que ces possédants sachent que dans leur intérêt, il serait mieux qu’ils partagent un peu de leurs richesses, plutôt que de finir par perdre ce qui constitue la base de leurs richesses : la stabilité« .

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