Vidéo : le témoignage d'une Marocaine refoulée à la frontière américaine à cause du "Muslim ban"

Une Marocaine résidant au Canada raconte comment elle a été refoulée à la frontière à cause du décret anti-immigration du président américain Donald Trump.

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Fadwa Alaoui est marocaine et vit au Canada depuis 22 ans. Il y a quelques jours, lorsqu’elle décide de partir passer la journée à Burlington, une ville américaine située à la frontière canadienne, pour faire du shopping pour la journée avec sa cousine et ses deux enfants, elle est arrêtée.

Dans une interview accordée au journal canadien « TVA Nouvelles », la jeune femme, également détentrice de la citoyenneté canadienne, explique en détail son calvaire avec les douaniers. « On nous a demandé quel était notre pays d’origine. Je leur ai dit que j’étais originaire du Maroc« , à partir de là la petite famille est embarquée dans les bureaux. Là-bas, on leur demande leurs portables et les mots de passe. « Ils ont fouillé le contenu de nos téléphones pendant une heure, raconte la femme au journaliste canadien. Ils nous ont demandé de commenter toutes les vidéos en arabe qu’on reçoit sur WhatsApp« .

Débute alors l’entretien individuel. « C’est quoi notre religion ? Est-ce qu’on la pratique ? Où on la pratique ? La mosquée où on va ? Qu’est-ce qu’on nous dit à la mosquée ? Quel est le nom de l’imam ? Qu’est-ce qu’on pense de la politique de Trump ? (…) Est-ce que vous aimez les Américains ?« , demande l’officier à la Marocaine. Lorsqu’elle répond que ce n’est pas la première fois qu’elle entre aux États-Unis, car elle a de la famille là-bas, le douanier rétorque : « c’est juste pour mieux vous connaître« .

De 9h jusqu’à 13h, la petite famille répond à l’interrogatoire des douaniers. « Mon enfant était malade, il était fatigué (…) Si j’avais su, je serais restée chez moi », affirme-t-elle. Finalement, ils seront refoulés et rentreront chez eux. « Ils nous ont dit : vous ne pouvez pas entrer, car vous avez des vidéos et des choses contre nous (…). Ils nous ont fait signer un formulaire et ont pris nos photos et nos empreintes. Mais on n’a pas compris ce qu’on signait (…) Moi je me débrouille en anglais, mais ma cousine non. On n’avait pas d’interprète pour nous expliquer« .

La dernière fois qu’elle s’était fait arrêter à la frontière, Fadwa s’en souvient c’était au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. « J’avais raté mon avion à la fin de l’interrogatoire, mais ils m’avaient quand même laissé partir« , se souvient-elle.

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