A Casablanca, des patrons se penchent sur l'état de l'économie marocaine

Le panel réuni par l'Association pour le progrès des dirigeants (APD) le 24 janvier à Casablanca s'est penché sur la croissance et les opportunités d'entrepreneuriat au Maroc pour 2017.

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Le panel réuni par l'APD le 24 janvier. Crédit : Page facebook APD

Driss Guerraoui, secrétaire général du Conseil économique social et environnemental (CESE), Driss Benhima, ex-patron de Royal Air Maroc (RAM), Amine Benkirane, fondateur de Kitéa, Patrick Dupoux, directeur associé chez Boston Consulting Group Casablanca, Mohamed Ben Ouda, directeur général de la Société nationale du transport et de la logistique (SNTL), Moncef Belkhayat, élu RNI de Casablanca et homme d’affaires, Mehdi Tazi, ex-DG de Saham Assurances, et Hassan Laaziri, directeur général de CDG Private Equity, étaient invités à débattre des perspectives d’entrepreneuriat au Maroc.

La discussion s’est surtout orientée sur la croissance de l’économie marocaine, que les intervenants ont analysée sous plusieurs angles. Retour sur les thématiques abordées.

Pourquoi la croissance marocaine est-elle en panne ?

Ce n’est un secret pour personne: les 4% de croissance qu’atteint péniblement l’économie marocaine sont largement insuffisants pour améliorer la richesse globale du pays. L’ensemble des intervenants s’accordent d’ailleurs sur un point: le Maroc est assis sur un potentiel de croissance d’au moins 6 à 7% par an.

Driss Guerraoui a mis en relief l’inefficacité croissante des instruments classiques de politique économique pour relancer la croissance.

Si l’ensemble des intervenants sont d’accord sur le fait que le Maroc dispose d’infrastructures largement à la hauteur, c’est au niveau du climat des affaires, de la législation, des compétences, de la confiance entre les acteurs économiques que se situe le problème.

La confiance était d’ailleurs un thème récurrent au cours du débat. Patrick Dupoux décrit notamment la relation entre les acteurs économiques comme des « rapports de force, plutôt que des relations basées sur une logique gagnant-gagnant ».

Enfin, les accords de libre-échange signés par le Maroc avec ses partenaires économiques ont été égratignés par les intervenants, des accords « naïvement négociés » pour Driss Benhima. L’ancien patron de la RAM leur impute entre autres la « baisse tendancielle de la croissance industrielle » marocaine.

Quelles sont les opportunités pour les entrepreneurs marocains ?

L’offensive marocaine en direction du reste de l’Afrique domine l’actualité. Un thème également abordé par les intervenants qui voient dans l’Afrique un marché à conquérir pour les entrepreneurs marocains. Un marché immense, mais pour lequel les entrepreneurs marocains s’imposent des limites en ne se concentrant que sur l’Afrique de l’Ouest, selon Mehdi Tazi.

L’ancien DG de Saham a invité les entreprises marocaines à tourner davantage leurs regards sur l’Afrique de l’Est qui constitue selon lui « les vrais et plus grands marchés africains ».

De son côté, Mohamed Ben Ouda a partagé son expérience au sein de la SNTL. Il s’est notamment attardé sur les innovations qui ont permis à son entreprise de rester compétitive sur le marché de la logistique.

Les dix prochaines années seront une période charnière pour le Maroc à en croire Amine Benkirane, le fondateur de Kitéa. Selon lui, « il y aura une explosion de la création de foyers au Maroc ». Des opportunités à saisir dans l’ensemble des domaines, donc.

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