Bank Al-Maghrib revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour 2016 à 1,2%

La banque centrale vient d’abaisser ses prévisions de croissance de l'économie marocaine pour 2016 à 1,2 %, contre 1,4 % en septembre.

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Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al Maghrib © Yassine Toumi

Abdellatif Jouhari confirme la croissance molle de l’économie marocaine pour 2016. Au terme du conseil de Bank Al-Maghrib, tenu mardi 20 décembre, le gouverneur révise à la baisse les estimations de croissance à 1,2 % (au lieu de 1,4 % annoncé en septembre). Cette méforme de l’évolution du PIB s’explique, notamment, par le repli de 9,6 % de la valeur ajoutée agricole et un ralentissement du PIB non agricole à 2,6 %. La croissance devrait, par ailleurs, connaître un léger mieux à l’avenir. « À moyen terme, et sous l’hypothèse de campagnes agricoles moyennes pour les deux prochaines années, la croissance devrait s’accélérer à 4,2 % en 2017 et s’établir à 3,7% en 2018. La progression de sa composante non agricole devrait s’accélérer à 3,4 % puis à 3,7 % respectivement, soutenue par un accroissement des revenus, notamment agricoles, et des conditions monétaires accommodantes », souligne BAM dans un communiqué. L’institut d’émission a passé en revue, comme à l’accoutumée, l’ensemble de ses indicateurs macroéconomiques pour 2016 et annoncé ses prévisions pour les deux prochaines années. Le détail.

Taux directeur inchangé

Le conseil de la banque centrale a noté que l’inflation est revenue de 1,9 % en moyenne au troisième trimestre à 1,6 % en octobre, sous l’effet principalement de la décélération de la hausse des prix des produits alimentaires à prix volatils. Elle devrait, en effet, avoisiner 1,6 % en moyenne au terme de l’année et s’établir à des niveaux modérés à moyen terme. Elle reviendrait ainsi à 1 % en 2017, en liaison avec la dissipation prévue des effets des chocs sur les prix des produits alimentaires à prix volatils, avant d’augmenter à 1,5 % en 2018. Dans ces conditions, le conseil a jugé que le niveau actuel du taux directeur continue d’assurer des conditions monétaires appropriées, et a décidé ainsi de le maintenir inchangé, à 2,25 %.

Léger mieux pour le déficit budgétaire

Au chapitre des finances publiques, l’exécution budgétaire des onze premiers mois de l’année s’est soldée par un alourdissement de 4,9 % des dépenses globales, avec notamment des augmentations de l’investissement et des dépenses au titre de biens et services, la charge de compensation s’étant, en revanche, allégée de 14,3 %. Parallèlement, les recettes ordinaires, hors privatisation, se sont améliorées de 5,4 %, reflétant la hausse des recettes fiscales et des dons des pays partenaires du CCG qui ont atteint 4,5 milliards de dirhams. Au total, le déficit budgétaire s’est légèrement atténué à 38,8 milliards de dirhams et devrait pour l’ensemble de l’année 2016 avoisiner 3,5 % du PIB. Le déficit devrait ainsi s’alléger à 3,1 % du PIB en 2017, en ligne avec l’objectif du projet de loi de finances, avant de revenir à 2,8 % en 2018.

Taux débiteurs, la grande braderie

Les taux débiteurs ont été marqués, au titre du troisième trimestre, par une nouvelle diminution des taux débiteurs de 17 points de base à 5,08 %, portant ainsi la baisse totale de ces taux à 95 points de base sur les 8 derniers trimestres. Dans ces conditions, le rythme du crédit au secteur non financier continue de s’améliorer progressivement, avec notamment une accélération des prêts aux entreprises. Les prévisions relatives au rythme du crédit au secteur non financier ont été ajustées à la hausse à 3,5 % pour 2016. À moyen terme, ce rythme devrait davantage s’améliorer pour atteindre 4 % en 2017 et 4,5 % en 2018, soutenu, notamment, par la reprise prévue de la croissance non agricole et les conditions monétaires accommodantes.

Creusement du solde commercial

Au plan des comptes extérieurs, le solde commercial s’est creusé de 25,3 milliards à fin novembre, ramenant le taux de couverture à 55 %. « Cette évolution résulte à la fois d’un ralentissement des exportations, sous l’effet notamment de la baisse des ventes des phosphates et dérivés, et d’une accélération du rythme des importations, la baisse de la facture énergétique ayant été moins importante que la hausse des acquisitions de biens d’équipement », explique l’institut d’émission dans son communiqué. Pour les autres principales composantes du compte courant, les transferts des MRE se sont accrus de 4,2 % et les recettes voyages de 4,1 %. Tenant compte de ces évolutions et sous l’hypothèse d’une entrée de dons des partenaires du CCG de 8 milliards de dirhams annuellement entre 2016 et 2018, le déficit du compte courant devrait s’établir à des niveaux légèrement plus élevés que prévu en septembre. Il avoisinerait 2,8 % du PIB en 2016 et s’allégerait à 2,1 % en 2017 et à 2,5 % en 2018. Pour leur part, les réserves de change devraient continuer à se renforcer, mais à un rythme moins soutenu que prévu en septembre, pour assurer la couverture de 6 mois et 21 jours d’importations de biens et services à fin 2016, 7 mois au terme de 2017 et 7 mois et 12 jours à fin 2018.

 

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