Tanger: Les gestionnaires de l'évacuation des eaux débordés par les crues

Alors que de fortes pluies s’abattent sur le Maroc depuis plusieurs jours, la ville de Tanger subit des inondations. Mais les gestionnaires de l'évacuation des eaux n’arrivent pas totalement à maîtriser la situation.

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Les images ont été diffusées sur les réseaux sociaux et dans les médias. Des voitures flottent dans des rues, transformées en rivière, et les tunnels deviennent impraticables par les masses d’eau qui s’y déversent. La ville de Tanger s’est retrouvée les pieds dans l’eau quelques heures seulement après de fortes averses, malgré les efforts des différents gestionnaires en charge de l’évacuation des eaux.

Selon la Direction de la météorologie nationale (DMN), 72 millimètres de précipitations se sont accumulées entre le 21 et le 22 novembre. « Nous avons réglé la situation à partir de 16 heures le premier jour », a voulu rassurer Chouad Nasr, le directeur général d’Amendis.

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Pourtant le lendemain, le responsable d’Amendis à Tanger, Mouloud Nouraki enchaînait les réunions pour essayer de gérer la situation. « Le problème des inondations vient d’abord de l’intensité des précipitations reçues de 35 millimètres en une heure, qui génère une grande quantité de ruissellement d’eau, de boue, de cailloux et de déchets qui saturent les réseaux » a expliqué Mouloud Nouraki. C’est pourtant une malheureuse habitude à Tanger.

Ce n’est pas une première

Tanger a déjà connu plusieurs grandes inondations, dont celles de 2008 et 2009, avec un record de 176 millimètres de pluie, qui ont fait plusieurs morts et des dommages dans les zones industrielles, provocant le blocage de certaines activités. Malgré ces antécédents, les inondations – certes moins considérables – n’ont pas réussi à être évitées par la commune, malgré les efforts de l’Agence du bassin hydraulique du Loukos (ABHL) et Amendis qui ont, pourtant, essayé d’anticiper les événements.

« Dès l’été nous démarrons un programme important de curage des bassins de rétention, des grilles, des avaloirs et des réseaux, afin de s’assurer que les capacités de rétention et d’évacuation des eaux sont à leur disponibilité maximale », s’est justifié Mouloud Nouraki, directeur d’Amendis à Tanger. Il a ajouté que le dispositif « Plan orage » a été déclenché dès que de fortes pluies ont été annoncées. « Des équipes, des engins de curage et des motopompes sont mobilisées  24 h/24 durant toute la durée de l’événement pluvieux afin de pouvoir intervenir au plus vite dans toute la ville » a-t-il détaillé. 80 agents, cinq camions hydrocureurs et une dizaine de motopompes ont été mobilisés durant les dernières intempéries.

Selon eux, des efforts ont alors été entrepris, depuis 2008, et ont permis de résorber de nombreux points d’inondation comme la place de la Ligue arabe. Avant d’admettre : « Il subsiste quelques problèmes et nous travaillons avec la commune et l’ABHL pour les résoudre. »

Résorber l’inondation

Afin de résorber les inondations et éviter une nouvelle catastrophe, plusieurs projets sont en cours dans le cadre de Tanger Métropole, selon Mouloud Noukari, où Amendis a investi plus de « 300 millions de dirhams de travaux déjà réalisés, 150 millions de dirhams en cours d’exécution et 130 millions de dirhams projetés. »

Car pour absorber l’eau, « il ne s’agit pas simplement de poser des tuyaux », a expliqué Mouloud Noukari. Pour chaque cas, il a indiqué qu’il fallait « déterminer les meilleures options comme l’aménagement ou recalibrage des oueds et thalwegs, l’aménagement des voiries, le renforcement des réseaux d’eau pluviale » avant d’ajouter que les riverains ont également un rôle important à jouer, en évitant de rejeter dans la rue des déchets solides qui risquent d’obstruer les réseaux. Mais en voyant les rues bloquées en début de semaine, il est clair qu’il reste encore beaucoup à faire.

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