COP22: Assemblée plénière de haut-niveau autour du roi, les annonces se font attendre

Haute concentration de chefs d’État à Marrakech lors de l’ouverture, le 15 novembre, du Segment de haut-niveau de la COP22, marqué par un discours royal. Toutefois, le passage à l'action se fait attendre.

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Crédit : AFP

Point d’orgue de la COP22, le segment de haut-niveau de la Conférence s’est ouvert le 15 novembre à Marrakech. Après une semaine de négociations techniques entre les délégations nationales, place aux chefs d’État et de gouvernement. 70 d’entre eux étaient présents lors de la cérémonie d’ouverture le 15, au matin, dans le village de Bab Ighli. À leur arrivée, ils ont été accueillis par le roi Mohammed VI, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le président de la COP22 Salaheddine Mezouar et la secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) Patricia Espinosa. Après la traditionnelle photo de famille, les grands dirigeants se sont passé le mot pour appeler à des actions en faveur du climat. Le roi Mohammed VI s’est, lui, distingué par un discours volontariste, appelant à lutter contre le réchauffement climatique.

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Étaient également présents les princes Moulay Hassan et Moulay Rachid au premier rang aux côtés de Ségolène Royal et Laurent Fabius, présidents de la COP21. Le chef de gouvernement Abdelilah Benkirane était de la partie, accompagné de plusieurs membres du gouvernement sortant. Dans l’assemblée, on reconnaît aussi les directeurs des plus grandes entreprises marocaines ainsi que de hauts fonctionnaires.

Crédit : Yassine Toumi
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Salaheddine Mezouar a ouvert la séance de la première réunion de la CMA, c’est-à-dire la réunion des parties à l’accord de Paris. Un instant historique, mais symbolique, car la séance a été immédiatement levée pour ouvrir la CMP12, la 12e réunion des parties du Protocole de Kyoto. En effet, même si l’accord de Paris est désormais ratifié par 109 États, tous ne l’ont pas encore fait et une partie ne pourrait pas prendre part aux discussions dans la configuration CMA.

Crédit : Yassine Toumi
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Premier orateur, Mohammed VI a déclaré : « L’ère coloniale est révolue, tout comme la logique qui consiste à imposer les décisions. En fait, l’enjeu, c’est l’existence de l’Homme, qui exige de nous d’œuvrer ensemble main dans la main pour la protéger. Aussi, il ne faut pas forcer les pays, d’emblée, à accepter des décisions auxquelles ils ne pourront pas se conformer. Pour autant, cela ne signifie pas qu’ils les rejettent, mais plutôt qu’ils ne disposent pas des moyens nécessaires pour les appliquer. »

Il a ensuite engagé les parties à œuvrer sur quatre points centraux : le soutien financier et technique pour les pays les moins avancés et les plus vulnérables aux changements climatiques, rappeler l’engagement de mobiliser 100 milliards de dollars promis par les pays du Nord aux pays du Sud, l’implication de tous les acteurs dans la facilitation du transfert de technologie et la contribution des acteurs non gouvernementaux, entreprises, collectivités territoriales et associations de la société civile pour dynamiser les initiatives de l’Action globale pour le climat.

Dans son allocution, Ban Ki-moon a dressé la liste des « leçons » qu’il a retenues alors qu’il assiste à sa dixième et dernière COP en tant que secrétaire général des Nations unies. « Les solutions multilatérales fonctionnent. En agissant ensemble, les pays atteignent des objectifs beaucoup plus élevés que ce qu’ils feraient tout seuls », note-t-il.  Le responsable onusien insiste sur le rôle des chefs d’État et de gouvernement qui « doivent donner le ton », mais considère aussi qu’« il faut que les sociétés entières s’engagent ». Alors qu’il s’apprête à quitter ses fonctions le 31 décembre 2016, Ban Ki-moon souhaite que les Nations unies « continuent à encourager la science » avant d’appuyer sur le financement des solutions. « Les Nations continuent à convaincre du besoin d’agir au niveau moral » a-t-il estimé.

C’est ensuite au tour de Peter Thomson, président de l’Assemblée générale des Nations unies, de prendre la parole, avant de céder la tribune à Maryam Mahoub, jeune marrakchie de 16 ans qui, au nom de la jeunesse mondiale, enjoint les politiques à l’action. La jeunesse est représentée par les enfants qui ont accompagné le groupe Fnaïre lors de son interprétation du morceau Al Amir Nadif en pleine assemblée.

Crédit : Yassine Toumi
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Enfin, le président français François Hollande a pris la parole lors d’un discours qui sonne, sans le nommer, comme un message à Donald Trump. « L’accord de Paris est irréversible, en droit. Il est entré en vigueur et plus de 100 États, représentant les 2/3 des émissions de gaz à effet de serre l’ont ratifié. Il est aussi irréversible dans les faits. Les gouvernements, les entreprises, lancent des initiatives et des projets contre le réchauffement climatique et pour le développement. L’accord de Paris, enfin, est irréversible dans les consciences » assène-t-il avant que la séance ne soit levée. Le segment de haut-niveau se poursuivra plus tard dans la journée. 1 500 dignitaires ont été invités à un déjeuner offert par le roi.

Crédit : Yassine Toumi
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