Ban Ki-moon: « Je remercie Sa Majesté d’avoir organisé cette COP22 »

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est exprimé le 15 novembre au village de la COP22 à Marrakech. Quelques minutes avant de rencontrer Mohammed VI.

Par

Ban Ki-moon © Yassine Toumi / TELQUEL

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon est arrivé le 15 novembre sur le village de la COP22 à Marrakech. À un mois et demi de la fin de son mandat, il revient sur l’urgence d’agir pour le climat, les perspectives du climato-scepticisme de Donald Trump, et les tensions avec le Maroc en 2016.

Lors d’une conférence de presse, il s’est d’abord exprimé en français :

« Nous avons parcouru un long chemin au cours de la décennie passée, chaque pays a conscience que les changements climatiques sont une réalité. Les enjeux sont plus grands que jamais et le moment est venu d’agir pour protéger notre planète avec une détermination plus grande encore. Les effets des changements climatiques vont en s’intensifiant, le temps joue contre nous. Les cinq dernières années écoulées ont été les plus chaudes jamais enregistrées et l’année 2016 le sera certainement encore. »

Puis, repassant à l’anglais, évoque « un record à couper le souffle pour l’entrée en vigueur de l’accord de Paris », et ajoute que « 109 pays ont ratifié l’accord, et ça continue d’augmenter chaque jour, chaque heure. » « On a beaucoup à gagner en agissant maintenant. J’appelle les autres secteurs de la société à accélérer leurs efforts également. Ils sont nos supports auprès des États. J’appelle la société civile à rendre les États comptables de leurs promesses, » insiste-t-il

Ban Ki-moon a ensuite évoqué la fin de son mandat, au 31 décembre 2016 : « C’était un privilège de faire ce parcours avec des gens du monde entier. Mon successeur et les Nations unies continueront avec énergie ce chemin pour la santé de notre planète. C’est ma dernière COP, il me reste qu’un mois et demi. Même à la retraite, après l’ONU, je ne cesserai pas de m’assurer auprès des dirigeants mondiaux qu’ils mettent bien en place leurs promesses pour l’environnement. »

Le secrétaire général a ensuite été interrogé par la presse sur ses relations avec le Maroc, au regard d’une année 2016 tendue. Ban Ki-moon répond en évoquant son « profond respect pour le roi Mohammed VI ». « Nous allons nous voir, et je remercie Sa Majesté d’avoir organisé cette COP. C’est la première réunion qui permet de s’assurer que le monde est uni. C’est le leadership du Maroc qui l’a montré. Le Maroc a aussi montré un bel exemple, en matière d’institution démocratique et de développement durable », poursuit-il.

Enfin, les questions ont porté sur l’élection de Donald Trump, comme souvent en conférence de presse depuis le début de la semaine. « Je reste optimiste. L’accord de Paris est entré en vigueur en un temps record. Jamais dans l’histoire des Nations unies un traité n’était entré en vigueur aussi vite. Ça semblait impensable, mais c’est devenu inarrêtable, » assure le secrétaire général des Nations unies.

« Aux États-Unis, au-delà de l’État fédéral, on travaille avec les plus grosses entreprises américaines qui se sont engagées à réduire leurs émissions. General Mills par exemple. Mais également les États. La Californie, l’État de Washington, eux aussi se sont engagés à réduire leurs émissions. Entreprises et États ont compris que le phénomène des changements climatiques sont important. J’espère que le président élu Trump comprendra aussi cette importance. Pour ma part, j’ai été convaincu en le voyant en le voyant de mes propres yeux : les changements climatiques s’accélèrent, et c’est de notre faute », conclut-il.