Les réactions dans le monde à la victoire de Donald Trump

Au lendemain d’une nuit d’élection serrée, la communauté internationale se réveille avec un nouveau président des États-Unis, Donald Trump, qui prendra ses fonctions en janvier 2017. Les réactions internationales oscillaient entre espoir et crainte.

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Crédit : AFP

La victoire de Donald Trump pourrait changer la donne géopolitique dans le monde. Sa politique internationale va sûrement dénoter avec celle du démocrate Obama. Les responsables politiques internationaux ont donc réagi différemment, entre espoir, crainte et acceptation.

Ceux qui appuient la solidarité diplomatique

Plusieurs pays se sont montrés réalistes alors que les États-Unis sont un acteur incontournable au niveau géopolitique, notamment dans la lutte contre le terrorisme, l’immigration et le changement climatique. Ils affirment que les États-Unis restent  un allié inaliénable malgré la défaite d’Hillary Clinton.

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François Hollande, le président français, a félicité Trump. Dans une brève allocution, il a affirmé que la victoire du candidat républicain « ouvre une période d’incertitude ». Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, a aussi été clair dès mercredi matin : « La France est l’alliée des États-Unis, partenaire des États-Unis. Nous avons besoin de travailler ensemble pour un monde équilibré, pour un monde de paix, pour un monde aussi qui traite les questions du monde ».

La chancelière allemande, Angela Merkel, offre de son côté une « étroite coopération » au futur président américain. Theresa May, Première ministre britannique, a félicité Donald Trump pour sa victoire. « Je suis impatiente de travailler avec le président-élu Donald Trump pour renforcer les relations et garantir la sécurité et la liberté de nos nations au cours des années à venir », a-t-elle dit dans un communiqué. Matteo Renzi, président du Conseil italien, a rassuré : « L’amitié italo-américaine est solide. »

Au niveau européen, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, et Donald Tusk, président du Conseil européen, ont adressé une lettre de félicitations: « Il est plus que jamais important aujourd’hui de renforcer les relations transatlantiques. Ce n’est que grâce à une coopération étroite que l’Union européenne et les États-Unis pourront continuer à faire bouger les choses face aux défis sans précédent que constituent Daech (État islamique), les menaces à l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine, le changement climatique et les migrations ». Les responsables européens ont dont affirmé que « les relations entre l’UE et les États-Unis sont plus fortes que tout changement politique » et qu’étant librement élu ils vont « travailler avec lui comme avec tous les autres présidents ». 

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a aussi félicité Trump, « véritable ami de l’État d’Israël ».

Ceux qui se félicitent du changement

Plusieurs acteurs internationaux, en quête de changement dans leurs relations avec la puissance mondiale, se sont félicités du virement de bord politique du futur président des États-Unis.

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En Russie, Vladimir Poutine a adressé mercredi ses félicitations à Donald Trump et a dit son espoir de coopérer avec lui sur les grands dossiers internationaux, a fait savoir le Kremlin.  Le président chinois Xi s’est dit, lui,  « impatient » de travailler avec Donald Trump

En Egypte, le président Abdel Fattah al-Sissi a déclaré espérer « que la présidence de Donald Trump apportera un nouveau souffle aux relations égypto-américaines » dans un communiqué. Sissi est l’un des premiers dirigeants arabes à adresser ses félicitations au candidat républicain. Le roi Salmane d’Arabie saoudite a, lui, souhaité, dans son message, que Donald Trump apporte « la stabilité » au Moyen-Orient, théâtre de conflits armés.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré dans un discours à Istanbul : « J’espère que ce choix du peuple américain conduira à des mesures bénéfiques pour le monde entier en ce qui concerne les libertés et les droits fondamentaux, la démocratie et l’évolution de notre région ».

En Inde, le premier ministre Narenda Modi, dans un tweet, a espéré que l’élection de Donald Trump « portera les relations bilatérales entre l’Inde et les États-Unis à un nouveau sommet ».

L’extrême droite en Europe jubile

En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orbán, figure de proue des droites nationalistes européennes, a vu dans la victoire du milliardaire new-yorkais une « grande nouvelle ».

Avant même que la victoire du candidat républicain ne soit scellée, la présidente du Front national (FN) français s’est avancée sur Twitter : « Félicitations au nouveau président des États-Unis Donald Trump et au peuple américain, libre ! MLP ». Les autres membres du parti ne sont pas en reste. Le vice-président, Louis Aliot s’est ainsi réjoui du « bras d’honneur de l’Oncle Sam à une élite arrogante ! » et Jean-Marie Le Pen, chef historique du FN, a déclaré, optimiste pour le futur de la France : « Aujourd’hui, les États-Unis, demain la France ! ».

Un autre parti européen espère profiter de l’élan de Trump pour gagner dans ses terres. Aux Pays-Bas, Geert Wilders, du Parti pour la liberté (PVV), en campagne pour les élections législatives de mars prochain, s’est adressé à Donald Trump sur Twitter : « Votre victoire est historique, et pour chacun d’entre nous ». Il reprend les mots-clefs le slogan du candidat républicain (Make America Great Again, rétablir la grandeur de l’Amérique) à la sauce néerlandaise (Make The Netherlands Great Again).

Ceux qui sont inquiets

D’un côté, l’Iran se veut prudent : « Les États-Unis doivent respecter leurs engagements contenus dans le plan global d’action conjoint (accord de juillet 2015 sur le nucléaire) en tant qu’accord international multilatéral », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

En Allemagne, le vice-chancelier social-démocrate Sigmar Gabriel s’inquiète : Donald Trump est le « pionnier d’un courant international autoritaire et chauvin ». Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a dit mercredi s’attendre à des temps « plus difficiles » sur le plan international avec l’arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump.  « Le vaccin face au fascisme de Trump c’est la justice sociale et les droits de l’Homme, pas encore plus d’establishment. Il y a un peuple aux Etats-Unis qui résistera », a affirmé pour sa part le chef du parti de gauche radicale espagnol Pablo Iglesias.

(Avec Agences)

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