Ali Belhaj : « Le Chef du gouvernement ne doit pas être choisi du parti arrivé premier »

Ali Belhaj, membre fondateur du PAM et ancien président de la région de l'Oriental. DR

Dans une interview accordée à Telquel, le co-fondateur du PAM et ancien président de la région de l’Oriental estime que l’article 47 de la Constitution a été bâclé. Pour lui, ce n’est pas le parti arrivé premier qui doit prendre les rênes le gouvernement, mais celui qui arrive à former une coalition solide. Les détails.

 

C’est une sortie pour le moins surprenante de Ali Belhaj. Comptant parmi les pères fondateurs du PAM, l’ancien président de la région de l’Oriental a affirmé dans une interview accordée à Telquel ne pas être d’accord avec une des mesures phares de la Constitution de 2011. En l’occurrence, l’article 47 qui stipule que « le Roi nomme le Chef de Gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants, et au vu de leurs résultats  ».

« Un article très mal écrit »

Un article considéré par tous les courants politiques et leaders d’opinion comme une grande avancée, qui a institué noir sur blanc la fameuse «  méthodologie démocratique » si chère à l’ancien leader socialiste Abderrahmane El Youssoufi. « Le fait que le parti arrivé premier prenne la primature est une erreur. Cette disposition n’existe nulle part ailleurs même dans le plus grandes démocraties », explique-t-il, tout en assurant que malgré son désaccord sur cette disposition, il a voté « oui » pour la constitution de 2011. « C’est un point faible de notre Constitution. Malheureusement, elle a été élaborée durant une période de tensions », rajoute-t-il.

Pour lui, quelque soit le classement des législatives, c’est le parti qui arrive à former une coalition solide qui doit gouverner. « C’est un article très mal écrit, pas très précis, et laisse libre cours aux interprétations au cas où le parti arrivé premier ne réussit pas à former une majorité », justifie Ali Belhaj.

Orientation du PAM : « c’est du plagiat européen ! »

Dans la même interview, Belhaj explique pourquoi il ne se présente pas aux législatives du 7 octobre, lui qui a pourtant été de toutes les échéances électorales depuis le début des années 1990. Et donne son avis sur l’orientation actuelle du PAM, dont il est toujours membre. Une orientation « social démocrate », sur laquelle il émet beaucoup de réserves. « Je ne suis pas d’accord avec cette appellation. Et je l’ai exprimé plusieurs fois, mais j’étais minoritaire. Utiliser ce terme nous enferme dans des cases. Pourquoi socio-démocrate   ? Autant garder «   authenticité et modernité   », c’est beaucoup plus fort. Cette notion sonne comme du plagiat européen… », tonne-t-il. Saluant les réformes libérales du gouvernement Benkirane, comme la suppression des subventions aux hydrocarbures et le « langage de vérité tenu face aux diplômés chômeurs », Belhaj, visiblement très fair play, estime en revanche que la team Benkirane n’a pas su piloter l’économie du pays. « En tant qu’homme d’affaires, je n’ai jamais connu une telle situation économique, avec un taux de croissance à 1,5 %. On est clairement en crise  », explique-t-il.

Lire l’intégralité de l’interview dans le numéro de Telquel actuellement en kiosque.

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Patricia Buisson, spécialiste de la "politique de prix", en renfort chez Total Maroc

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