À l'institut Tahar Sebti, un camp de vacances pas comme les autres

Une association propose un camp de vacances à des enfants défavorisés de Casablanca. Entre enfants en situation de handicap et bénévoles étrangers, ici, l'altérité est de mise.

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Crédit : BCA.

Une association propose un camp de vacances à des enfants défavorisés de Casablanca. Entre enfants en situation de handicap et bénévoles étrangers, ici, l’altérité est de mise.

« Merhaba » ! Lance Ece, à une douzaine d’enfants un peu bruyants. La jeune turque, accompagnée de deux compatriotes et d’une bénévole marocaine débute l’animation de son atelier « Découvre un pays ». Capitale, situation géographique, cuisine, célébrités… l’adolescente, traduite de l’anglais en arabe par la Marocaine, raconte joyeusement la Turquie à des enfants de plus en plus attentifs. Un quart d’heure plus tôt, ils étaient en train de se déhancher lors de leur atelier danse, alors que ce matin, ils avaient les mains dans la farine pour un cours de pâtisserie. Le rythme est soutenu cette semaine, à l’Institut Tahar Sebti. L’école casablancaise accueille un camp de vacances destiné aux jeunes de l’institut issus de milieux défavorisés et des enfants en situation de handicap. Le tout gratuitement.

La Blooming children association organise cette sorte de colonie de vacances pour la deuxième année consécutive. Une centaine d’enfants sont accueillis par une quarantaine de jeunes bénévoles (et même des profs en vacances !). Parmi eux, 18 étrangers venus d’Inde, du Sri Lanka, d’Angleterre, de Suède ou encore d’Autriche, et envoyés par l’Unicef. Alors que la plupart des volontaires étrangers ne parlent pas l’arabe, ils arrivent tous à créer des liens avec les enfants. « Au tout début les marocains traduisaient pour eux mais très vite, ils en plus eu besoin et arrivent à communiquer avec les enfants, en parlant anglais et avec les gestes », nous explique Noor Slaoui, de Blooming children association.

blooming association

Des vacances pour les parents

À l’étage, les décibels augmentent. Assis sur une table d’écolier, Souleiman, guitare à la main, chante entouré d’enfants qui l’accompagnent en chœur. Eux répètent les chansons qu’ils ont apprises (en anglais, en français et en arabe) pour la kermesse du lendemain, en présence des parents. La journée est bien remplie pour ces enfants âgés de 4 à 14 ans, qui ne partiront sans doute pas en vacances cet été. De 9 heures à 17 heures, ils enchaînent quatre activités, entre sport, culture et arts plastiques.

Si les parents d’enfants handicapés ont quelques appréhension au début, une fois rassurés par la première journée, eux aussi profitent d’une semaine de vacances. Le camp permet ainsi à des enfants parfois isolés toute l’année de participer eux aussi à la vie en communauté.

Ici, avant d’entrer dans la classe, les enfants ne semblent pas traîner des pieds. « Les frères et sœurs sont venus s’ajouter à la liste des participants, bien sûr, on ne peut pas les refuser », nous raconte Noor Slaoui. Le succès, ajouté à un réseau de mécènes plus large que l’an dernier, lui donne des ailes puisque, avec ses jeunes compères de l’association, elle aimerait dupliquer leur camp dans d’autres villes marocaines. Aussi, toujours dans l’idée de faire bénéficier le maximum de personnes de cet événement, l’association aimerait l’année prochaine faire appel à des cuisinières particulières, pour ainsi se passer d’un sponsor et faire travailler plus de monde.

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