Numérique : le Maroc stagne, Elalamy tente de rectifier le tir

Moulay Hafid Elalamy a récemment présenté les grandes lignes du Plan Maroc Numeric 2020. L'ambition est grande et l'enjeu de taille, puisque le Maroc semble stagner en matière de TIC.

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Moulay Hafid Elalamy. Crédit : Tniouni

Le 4 juillet, le ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy esquissait à la presse les grandes lignes du Plan Maroc Numeric 2020. Cette nouvelle stratégie est censée prendre le relais de Maroc Numeric 2013,  lancé en  2009, qui est loin d’avoir réalisé les objectifs escomptés, notamment en matière de fracture numérique, d’équipement des PME, et de dématérialisation des démarches administratives, à en croire l’audit de la Cour des comptes.

La stratégie à horizon 2020 est attendue depuis des mois. Lors de la conférence de presse, le ministre n’a pas donné de détails mais a expliqué que le but de ce plan de réduire la fracture numérique de 50 %, de rendre possible la réalisation de 50 % des démarches administratives par Internet et de connecter 20 % des PME marocaines. Le défi est ambitieux : « positionner le Maroc en premier hub numérique d’Afrique », peut-on lire dans le communiqué. Le ministère est confiant, et met en avant les « infrastructures existantes de qualité ». Les moyens d’y arriver n’ont pas été présentés (hormis la création d’une agence), le Maroc Numeric Cluster donnait quelques détails supplémentaires dans un document publié fin 2015.

Pourtant, cette même semaine, deux instances ont pointé du doigt les carences du Maroc en matière de numérique. Le 6 juillet, le Forum économique mondial a publié un rapport sur les technologies de l’information et de la communication. D’après les nombreux critères retenus par l’instance (tarifs de la téléphonie mobile, couverture du réseau, services administratifs en ligne, utilisation des réseaux sociaux, accès à Internet dans les écoles…), le Maroc stagne. Il est noté 3,9 sur 10, tout comme en 2015, et garde sa place de 78ème sur 139 pays. Il est particulièrement mal noté en matière d’impacts économiques des TIC. Alors que le communiqué de presse du ministère daté du 4 juillet affirme que le Maroc est « sur le podium de la région Mena » en matière de numérique, le Forum économique mondial ne semble pas du même avis. D’après ses critères, le royaume est loin derrière les Emirats arabe unis, Qatar, Oman… (pour ce qui est des TIC).

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté le 30 juin son avis sur l’économie de la culture. Elle consacre une partie de son rapport au numérique. D’après le conseil, les instances marocaines n’ont pas pris en compte le fait que la « révolution numérique » ait changé les modes de création artistique et les modes de diffusion et de distribution de la culture. Le CESE évoque « un manque important de la connaissance » en la matière, aussi bien du côté des universitaires que des responsables des politiques publics. Le rapport note également que la stratégie Maroc Numeric 2013 ne prend pas du tout en considération l’économie de la culture.

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