« Othello » de Shakespeare en version juive marocaine

Le chanteur d’opéra franco-marocain, David Serero, a fait renaître la tragédie shakespearienne « Othello » dans une version juive marocaine inédite.

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Le chanteur d'opéra David Serero

Le chanteur et metteur en scène franco-marocain, David Serero, s’est lancé un grand pari. Ce dernier a souhaité adapter la célèbre pièce shakespearienne « Othello ou le Maure de Venise » à la sauce judéo-marocaine. Il s’est confié au Jerusalem Post, samedi 2 juillet.

En présentant son œuvre pendant tout le mois de juillet au Centre d’histoire juive de Manhattan, à New York, l’artiste assure avoir analysé l’œuvre du dramaturge anglais William Shakespeare et en avoir conclu certains liens entre les personnages de l’auteur de théâtre et des vrais personnages de l’histoire marocaine. « Le protagoniste, un général mauresque, est manipulé par son enseigne Iago, qui convainc Othello que sa femme Desdémone est infidèle. Iago tourne aussi Othello contre son lieutenant Cassio, qu’il dépeint à lui comme étant l’amant de Desdemona », explique Serero au Jerusalem Post. Pour lui, Shakespeare se serait en réalité inspiré d’Abd el-Ouahed ben Messaoud, principal secrétaire du souverain marocain Ahmed al-Mansur Saadi et ambassadeur à la cour de la reine Élisabeth Iʳᵉ d’Angleterre en 1600, également connu pour avoir fait la promotion de l’alliance maroco-britannique contre Philippe II d’Espagne. « Beaucoup de gens voient Othello comme un meurtrier, mais il est un personnage qui est tout simplement fou amoureux de sa femme », poursuit Serero, comme pour témoigner de tout l’aspect à la fois dramatique et poétique de l’œuvre de Shakespeare.

Au-delà d’y voir des aspirations de l’auteur anglais pour le Maroc et ses personnages, le chanteur d’opéra a souhaité donner une vraie impulsion, à la sauce marocaine, à cette célèbre pièce : des choix musicaux comme la Darbouka et des expressions familières comme « L’chaim » ou « Yalla », ponctuent ainsi la mise en scène, tandis que l’alcool bu par les soldats d’Othello dans la pièce initiale de Shakespeare, est ici remplacé par le thé marocain, versé dans des verres traditionnels.

« Cela donne un Shakespeare plus accessible », justifie Serero. « La plus grande chance avec des classiques, mais surtout avec Shakespeare, c’est que vous pouvez les moderniser à bien des égards. »

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