Nasser Bouchiba, le plus chinois des entrepreneurs marocains

Nasser Bouchiba est un professeur universitaire et serial entrepreneur installé en Chine depuis 21 ans. Le 12 mai dernier, à Pékin, il a présenté en mandarin la cérémonie de signatures de convention entre le Maroc et l’Empire du milieu devant Mohammed VI. Portrait

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Le 12 mai 2016 est un jour qui fera date pour Nasser Bouchiba. Ce quadragénaire est appelé à participer à la cérémonie de signature des conventions sino-marocaines à Pékin. Il présente en mandarin les 15 conventions paraphées devant le roi Mohammed VI et en présence des hommes d’affaires les plus en vue du Maroc. Ce Marocain qui a longtemps œuvré pour la promotion du Maroc en Chine nous déclare d’ailleurs être « confiant que les accords qui ont été signés donneront des résultats économiques importants pour le royaume ». La cérémonie est  également l’occasion d’échanger  avec les ministres présents pendant la visite royale et d’autres membres de la délégation. « Nous avons parlé d’investissements, et du développement de la recherche scientifique avec la Chine », confie Nasser Bouchiba.

Sur les traces de son frère

Nasser Bouchiba a grandi dans une maison fortement influencée par la Chine, grâce à son grand-frère Najib. Ce dernier s’est installé dans l’Empire du milieu dans les années 80. Il s’est spécialisé en médecine chinoise et il a été champion du monde de Taiji Zhang (une forme de Qi Gong,  gymnastique traditionnelle chinoise, ndlr) en 1995. Najib a transmis son amour pour ce pays à son frère. « Je mangeais le tajine avec les baguettes », raconte, amusé, Nasser. Et d’ajouter « quand j’ai eu mon bac en 1994 au lycée Dar Essalam à Rabat, j’ai reçu un coup de fil de mon frère qui me propose d’aller le rejoindre. Je n’ai pas hésité une seconde». Après trois jours de voyage, le jeune Nasser pose ses valises à Pékin. Ce fut « le choc », se rappelle-t-il.

Un parcours atypique

Il commence par étudier la médecine du sport à Pékin « par amour pour le sport », explique Nasser. Mais l’ancien champion du Maroc de taekwondo a dû arrêter sa carrière à cause de blessures. Il s’est fixé un autre but : apprendre le chinois et écrire un livre. Un objectif qu’il finira par atteindre, 18 ans et plusieurs expériences professionnelles plus tard, lorsqu’il publie un livre l’Entreprenariat basé sur les opportunités.

Le parcours professionnel de Nasser est aussi atypique. Sa première expérience ? Dans l’événementiel grâce à une boite américaine basée à Shanghai. Il la quitte pour devenir « conseiller en partenariat sino-europeennes » pour une agence gouvernementale chinoise. Ce qui le mènera à Canton, dans le sud de la Chine. Un an et demi et un carnet d’adresses bien rempli plus tard, Nasser se lance à son propre compte en créant avec des partenaires chinois une usine de sous-traitance pour des marques de mode. L’expérience entrepreneuriale lui réussit, il enchaîne en lançant une chaîne de magasins d’accessoires : Anabella Fashion. Il revend finalement ses parts dans les deux projets pour se lancer dans la formation entrepreneuriale. C’est le jackpot pour lui. « J’ai développé un programme de formation en 2011. Il est aujourd’hui adopté dans 137 universités en Chine ».

Business angel

Sa carrière universitaire ne l’a pas empêché de poursuivre ses projets entrepreneurials. «Je me suis orienté vers les nouvelles technologies en aidant mes étudiants à concrétiser leur projet». C’est ainsi qu’il investit par exemple dans une usine qui aura pour client Samsung. Et en business angel mordu par les NTI, Nasser oriente désormais son regard vers le Maroc. Il prend sous son aile Aissam Ouaza, un jeune startuper. Ce dernier révolutionne l’organisation des salons professionnels en lançant le premier salon virtuel tridimensionnel dédié aux professionnels du BTP. « J’étudie la possibilité d’investir dans ce projet », confie Nasser. Car après 21 ans de carrière en chine, il n’exclut pas un retour au Maroc.

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