La Cour des comptes s’inquiète des risques de catastrophes naturelles au Maroc

La Cour des comptes vient de publier une synthèse du rapport relatif à l’évaluation de la gestion des catastrophes naturelles. Le constat y est alarmant.

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Inondations Errachidia Image d'archives. Crédit : DR

La Cour des comptes vient de publier une synthèse du rapport relatif à l’évaluation de la gestion des catastrophes naturelles. Le constat y est alarmant.

«Nous avons, néanmoins, à l’égard de nous-mêmes, un devoir de franchise qui nous impose de reconnaître que nous ne sommes pas suffisamment aptes à faire face à des situations d’urgence». Cette phrase avait été prononcée par Mohammed VI au lendemain du séisme qui avait dévasté Al Hoceima en 2004. Depuis lors, la gestion des catastrophes naturelles au Maroc n’a pas vraiment évolué. C’est qui ressort, en substance, de la synthèse du rapport relatif à l’évaluation de la gestion des catastrophes naturelles, publiée dans le site Internet de la Cour des comptes.

«Durant les dernières décennies, notre pays a subi différentes catastrophes : les tremblements de terre d’Agadir et d’Al Hoceima, les invasions acridiennes, les sécheresses, et principalement les inondations», note le rapport, qui montre que la tendance empire : «On remarque que les sinistres majeurs ont été multipliés presque par quatre entre 1980 et 2000 et presque vingt-deux fois entre 2000 et 2014», peut-on encore y lire. Problème : le Maroc souffre encore de carences en matière de gestion des catastrophes naturelles.

Le rapport, qui se focalise sur quatre risques naturels (inondations, incendies de forêts, séismes et invasion acridienne), met l’accent sur plusieurs insuffisances, dont le manque de prise en compte des risques naturels dans les politiques publiques, les carences en matière de prévention. Le rapport reproche également aux pouvoirs publics la non mise en place d’un système intégré d’alerte, pourtant «élément central de toute stratégie de lutte contre les risques de catastrophes naturelles». L’absence d’une loi-cadre sur la prévention et la gestion des risques est également relevée,   démontrant ainsi la fragilité du cadre juridique.

Tout n’est pourtant pas tout noir dans le rapport. Celui-ci énonce que depuis 2004 et le tremblement de Terre d’Al Hoceima, les autorités ont pris conscience de l’impératif de l’établissement d’une gestion moderne des risques de catastrophes naturelle. Et le rapport élabore un certain nombre de recommandations, dont «la nécessité de la mise en place d’une plate-forme nationale de gestion des risques», la mise en place d’une plate-forme de gestion des risque centralisée par le ministère de l’Intérieur ou encore des recommandations relatives aux aspects financiers des risques naturels.

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