Pourquoi Mohammed VI et la délégation du Maroc portent des djellabas en Chine

Lors de la rencontre entre Mohammed VI et Xi Jinping, l’ensemble de la délégation marocaine était vêtue de djellabas blanches. C’est tout sauf une coïncidence.

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Mohammed VI Chine 11-05-2016. Crédit : AFP

Le 11 mai dans l’enceinte du Palais du peuple à Pékin. Une réunion de haut niveau se tient entre Mohammed VI et le président chinois Xi Jinping dans une des salles du Palais. En face de la douzaine d’officiels que compte la délégation chinoise, le roi, ses conseillers et ses ministres se tiennent, installés dans leurs fauteuils, tous vêtus de djellabas blanches et coiffés de tarbouches rouges. Des tenues traditionnelles que l’on a l’habitude de voir au Maroc, mais rarement lors des visites royales dans des pays non arabes. Surtout lorsque l’habit est porté, comme ici, par l’ensemble de la délégation marocaine.

Pour le publicitaire Noureddine Ayouch, le fait que la délégation ait obéit à ce dress code traditionnel est tout sauf un hasard. «C’est un signal intelligent envoyé par le roi, qui veut montrer à ses hôtes que nous sommes un pays de tradition, d’authenticité, mais qui sait les allier avec la modernité. Un peu comme la Chine», estime le président de Lowe Chem’s, qui s’est laissé aller à quelques confidences : «Je me souviens, lors d’une visite en Chine, durant laquelle je faisais partie d’une délégation emmenée par l’ancien premier ministre Abderrahmane Youssoufi, les Chinois nous avaient réservé un cérémonial traditionnel incroyable. Au niveau du repas, on nous avait offert plusieurs petits mets sur autant de petites assiettes, une après l’autre. Nous avions été ébahis par la qualité du service et toute cette tradition que les Chinois ont su préserver.»

Dans une Chine qui s’est, depuis la mort de Mao Zedong, lancée dans une politique de réhabilitation de son histoire millénaire, Mohammed VI  a voulu «montrer aux Chinois que le Maroc aussi accorde de l’importance à son histoire», estime le publicitaire, qui ajoute : «En s’habillant de la sorte, j’affirme ma personnalité. Ce n’est pas le cas en Algérie ou en Tunisie. Nous, nous avons une histoire, des bases historiques qui datent de plusieurs siècles». Mais Noureddine Ayouch pense qu’il y a une autre raison à ce regain d’intérêt pour la djellaba chez Mohammed VI : «C’est un homme qui s’identifie à son grand-père, Mohammed V, aussi bien dans ses discours, sa manière de s’habiller que dans son côté humaniste. Ce n’est pas pour rien que sa fondation porte le nom de son grand-père.»

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