Les quatre chiffres alarmants de Jouahri

Le patron de la Banque centrale Abdellatif Jouahri a exposé son diagnostic de l'économie marocaine aux patrons. Il est alarmiste.

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Abdellatif Jouahri. Crédit: Yassine Toumi.

Le 2 avril, Abdellatif Jouahri était l’invité d’honneur du Conseil national de l’entreprise, qui s’est tenu à Agadir juste après le conseil d’administration de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Sa présentation, proche de celle exposée lors du dernier conseil de la banque centrale tenu le 22 mars, est alarmiste.

9,7 % de taux de chômage :

Le taux de chômage n’a cessé d’augmenter entre 2012 et 2014. En 2015, il s’est établi à 9,7 % (contre 9,9 % en 2014). Il s’élève même à 39 % pour les jeunes de milieux urbains et à 21,2 % pour les diplômés du niveau supérieur (d’après les chiffres du Haut commissariat au plan).

chomage

160 000 postes à créer :

L’économie nationale génère de moins en moins d’emplois. Entre 2013 et 2015, la moyenne annuelle des créations nettes d’emploi était de 56 000, contre 168 000 sur la période 2001-2008. D’après les calculs de BAM, il faudrait créer 160 000 postes par an pour stabiliser le taux de chômage.

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1 % de croissance en 2016 :

BAM prévoit une croissance nationale de 1 % en 2016 (contre 4,2 % en 2015) et de 3,9 % en 2017. Cela est en grande partie dû aux mauvaises performances du secteur agricole. Mais d’après les chiffres avancés, la croissance des industries de transformation a ralenti de 3,4 % entre 2000 et 2008, à 0,9 % sur la période 2012-2015.

32 % d’intégration pour Renault :

Abdellatif Jouahri reconnaît l’émergence de nouveaux secteurs industriels, comme l’automobile et dans une moindre mesure l’aéronautique et le secteur pharmaceutique. En revanche, « nous n’avons pas pu cerner l’impact de cette performance à l’export sur l’emploi et sur la croissance, ni mesurer le taux d’intégration », peut-on lire sur la présentation. Mais d’après Médias24, le gouverneur de la banque centrale a quand même donné un chiffre alarmant : le taux d’intégration de Renault (participation des entreprises locales) ne dépasserait pas 32 %.