La Cour des comptes denonce une gestion approximative des ambassades et consulats

Licenciements abusifs et incohérence des salaires pour les agents locaux, retards dans les investissements... la Cour des comptes s'intéresse au réseau diplomatique et consulaire.

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Ambassade du Maroc à Paris. Crédit : Pymouss.

Le 29 mars la Cour des comptes a publié son rapport annuel. Une partie de ce rapport s’intéresse aux ambassades et consulats marocains, et plus précisément à leur gestion budgétaire, leurs agents locaux et leur réseau des comptables.

Les crédits délégués par le ministère des Affaires étrangères (MAEC) aux postes diplomatiques et consulaires ont atteint près de 1,15 milliard de dirhams en 2013 (sans compter les salaires du personnel titulaire), soit près de la moitié du budget total de ce département. Mais la Cour des comptes remarque d’importants retards dans le déblocage de ces crédits par le ministère quand ils sont demandés par les représentations marocaines. Des retards qui peuvent atteindre plus de sept mois.

Autre problème : le non-respect du calendrier des investissements. Le report des crédits d’investissement est parfois de quatre ans. Des retards qui font craindre à la Cour des comptes que ces crédits d’investissements soient même annulés. En 2013, le montant de ces crédits reportés s’établissait à 338 millions de dirhams.

Une bonne partie du rapport de la Cour des comptes concerne la rémunération du personnel de ces postes établis à l’étranger. Concernant le personnel marocain, l’administration leur applique un taux de change dit de chancellerie (ou préférentiel) pour calculer leur salaire. Problème : ce taux n’est pas défini par un texte et dans les faits, il est nettement supérieur au taux de change réel, « généralement » deux fois plus élevé.

Carences dans le recrutement du personnel local

La Cour des comptes épingle surtout des problèmes de gestion de ressources humaines spécifiques au personnel local, qui représente près de la moitié du personnel total. Et pour cause, la procédure de leur recrutement n’est pas définie par le manuel des procédures du MAEC. Un décret a bien été adopté en 2004, mais il ne régit que la situation des agents locaux contractuels.

Par conséquent, les sages remarquent (observations faites avant 2012) plusieurs carences dans la rémunération de ces agents recrutés localement. Parmi elles : des salaires qui restaient figés malgré l’ancienneté, des incohérences de montant (deux personnes recrutées au même moment pour le même poste avec deux salaires différents et, à l’inverse, des agents administratifs bénéficiant de la même rémunération que les agents d’entretien).

Le licenciement de ces salariés étrangers n’est parfois pas validé par l’administration centrale, qui est pourtant signataire du contrat d’embauche. Des licenciements parfois très précipités (quelques jours après leur arrivée, voir le jour même de leur embauche).

La Cour des comptes relève une cinquantaine d’affaires en justice intentées par ces agents contre le ministère. Une bonne partie a connu des jugements reconnaissants le licenciement abusif. Le montant total à payer par le MAEC des dommages et intérêts s’élève ainsi à plus de 10,7 millions de dirhams.

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