Samir : Les spéculations autour de la liquidation

Après l'annonce de la liquidation judiciaire, le syndic espère une reprise imminente. Les employés, quant à eux, restent sceptiques.

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La raffinerie de la Samir, à Mohammedia. Crédit: Yassine Toumi / TelQuel

Les spéculations autour de la liquidation de la Samir vont bon train. Lundi 21 mars, au soir, Mohamed El Krimi, le nouveau syndic désigné par le tribunal de commerce, s’est réuni avec le management de la société. A l’ordre du jour : la reprise de l’activité. « Il a évoqué une éventuelle reprise dans les prochains jours », nous confie Latifa Benouakrim, cadre de la Confédération démocratique du travail (CDT). Un message accueilli avec suspicion par le front syndical. Selon Houcine El Yamani, secrétaire général du syndicat du Gaz et du pétrole rattaché à la Confédération démocratique du Travail (CDT), les salariés de la raffinerie « ont besoin de visibilité et de garanties ». « Nous avons tenu une réunion le 11 mars avec Charki Draiss, qui nous a promis de suivre notre dossier », tempête le syndicaliste.

Reprise, vraiment ?

La promesse du tout nouveau syndic est-elle possible ? Juridiquement, oui, puisque la décision de liquidation, prononcée par le tribunal de commerce lundi, autorise à la raffinerie trois mois de continuation de l’activité. Soit jusqu’au 20 juin 2016, période durant laquelle la Samir pourrait, théoriquement, trouver un repreneur. L’article 620 du Code de commerce dispose : « Lorsque l’intérêt général ou l’intérêt des créanciers nécessite la continuation de l’activité de l’entreprise soumise à liquidation judiciaire, le tribunal peut autoriser cette continuation pour une durée qu’il fixe, soit d’office soit à la demande du syndic ou du procureur du roi. » Voilà pour le bien-fondé juridique. Mais beaucoup d’experts balayent le scénario d’un revers de la main. « D’où la société pourrait avoir le cash pour payer pétrole brut, gaz, fuel, bref ce qu’il faut pour redémarrer l’activité? », s’interroge un juriste en droit des affaires. En tout cas, ce n’est pas l’actionnaire de référence qui le ferait. « Si, jusque-là, Al Amoudi a refusé d’injecter de l’argent, je ne vois pas pourquoi il le ferait maintenant que la société est en liquidation », poursuit notre interlocuteur.

Qu’adviendra-t-il des salariés ?

« Tous les employés ont reçu leur salaire de février », déclare Houcine Yamani. La société étant en liquidation, les salariés jouent désormais la montre. Car si la société venait à être liquidée, le règlement des salariés se fera après celui de l’État. « La situation est encore floue. Nous espérons que notre dossier sera pris en charge sérieusement par le gouvernement », conclut Latifa Benouakrim.

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