Chute du prix du baril de pétrole: Ce qu’on y perd, ce qu’on y gagne

Chute du prix du baril de pétrole: Ce qu’on y perd, ce qu’on y gagne

Le prix du baril de pétrole atteint des niveaux historiquement bas et l'économie marocaine en est directement impactée. Le point.

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Pompe à essence
Crédit : DR

Depuis juin 2014, le pétrole s’est inscrit sur une dangereuse pente descendante après une période de stabilité autour de 110 dollars qui a duré 3 ans. Et depuis le cours ne cesse de chuter. Dans les échanges électroniques en Asie de cette semaine, le baril se négociait entre  30 et 37 dollars. Le tarif le plus bas depuis onze ans. Une telle décélération a certes de lourds effets sur des économies exportateurs de l’or noir mais qu’en est-il du Maroc ?

 Recul de la facture énergétique de 26 milliards de dirhams

Les comptes de la balance commerciale ont affiché une nette amélioration au terme de l’année 2015. Les échanges extérieurs laissent apparaître un allègement  du  déficit  commercial  de  35  milliards  de dirhams. Sur ce montant, 26 milliards de dirhams d’économies reviennent à l’allégement de la facture énergétique. Le Maroc a certes importé moins de pétrole l’année dernière mais la baisse des cours a eu un impact considérable sur l’allégement de l’ardoise. Cette embellie que connait la balance commerciale devrait se poursuivre en 2016 au vu de la poursuite de la chute des cours à l’international. Une bonne nouvelle pour les comptes extérieurs du pays.

Moins de dons du CCG

En 2015, le Maroc n’aurait reçu que 2 milliards de dirhams en dons de la part du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Le département de Boussaid avait budgétisé au titre de la Loi de Finances de 2015, 13 milliards de dirhams de dons de la part du CCG. En septembre dernier, Bank Al-Maghrib affichait un optimisme sans faille et s’attendait à l’encaissement de 6 milliards de dirhams en 2015. Le retard de versements des dons accusé par le CCG s’explique principalement par la chute des prix du pétrole qui a frappé de plein fouet la région du Golfe. Pour l’Arabie saoudite par exemple, avec laquelle nous entretenons la plus historique des relations dans la région du Golfe, le pétrole représente pas moins de 90% des recettes budgétaires de l’Etat. La chute des cours du baril a provoqué un déficit budgétaire inédit pour le pays, estimé par le FMI à près de 20% du PIB en 2015. Résultat, la monarchie a réduit ses dépenses d’une manière conséquente, les dons y compris. Cela n’a pas empêché le ministre des Finances, Mohamed Boussaid, de récidiver en inscrivant encore une fois 13 milliards de dirhams de dons au titre de la Loi de Finances de 2016. Le département des Finances reste donc optimiste.

 Amélioration des réserves de change

Depuis que le pétrole a entamé son trend baissier, le niveau des réserves de changes s’est considérablement amélioré. Les réserves de change ont caracolé à 224,6 milliards de dirhams en 2015. Il s’agit là d’une amélioration de 23,5% par rapport à 2014. Un montant qui risque d’augmenter sensiblement cette année au vu de la poursuite de la chute du baril. D’autres facteurs expliquent aussi l’amélioration du niveau des réserves internationales nettes, mais le pétrole y est pour une grande partie. La Banque centrale table sur des réserves internationales nettes de pas moins de 8 mois d’importations de biens et services en 2016. Cette prévision devrait se confirmer  tenant compte d’un prix moyen du pétrole qui devrait se stabliser en dessous des 30 dollars, selon les analystes.

Peu d’impact sur les prix à la pompe

Même si le baril a atteint des niveaux historiquement bas, au Maroc, l’impact sur les prix à la pompe est peu ressenti. Les distributeurs ne répercutent pas automatiquement le repli du cours de l’or noir sur les tarifs à la pompe. Cette fâcheuse absence de corrélation est expliquée par la durée de stockage qui se rallonge de plus en plus à cause notamment de la baisse du cours du baril. Un rallongement qui, lui, se traduit par une augmentation des frais de stockage et in fine sur le coût global du gasoil. L’autre argument avancé est souvent que c’est le gérant de la station qui décide du prix final de vente et non pas les distributeurs. Cela n’empêche qu’en renouvelant leurs stocks après épuisement des anciens, les distributeurs devraient, logiquement, revoir à la baisse les prix à la pompe.

 

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