19 000 prostituées à Rabat, Agadir, Fès et Tanger selon Newsweek

Une enquête du magazine américain Newsweek, sur la prostitution au Maroc, livre quelques chiffres intéressants.

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En consacrant un reportage à la prostitution au Maroc, le site d’informations Newsweek révèle qu’à elles seules, les villes de Rabat, Agadir, Tanger et Fès, « abritent quelque 19 000 femmes prostituées. », dont 4200 à Tanger, ville considérée comme « une plaque tournante notamment pour les expatriés » selon le magazine américain, qui ne précise toutefois pas comment il a obtenu ce chiffre de 19 000.

 Suivant le quotidien de trois d’entre elles, le reportage affirme que la moitié de ces professionnelles du sexe tarifé, sont divorcées ou séparées et ont des enfants à leur charge, citant une étude réalisée par le gouvernement marocain en mai 2015, mais dont l’accès n’est pas indiqué sur le site de Newsweek.

Le magazine américain cite également Azzouz Ettousi, président de la section de l’Organisation Panafricaine de Lutte contre le sida à Rabat. Ce dernier estime que les prostituées de luxe peuvent empocher « jusqu’à 2000 dirhams par soirée. » Les autres, qui fréquentent des endroits moins huppés et qui sont indépendantes, gagnent environ 200 dirhams par jour, en vendant leurs corps. Plus inquiétant, le reportage dévoile qu’une prostituée sur quatre en moyenne n’utilise pas de préservatifs, lors des rapports sexuels.

Interrogé sur le rôle de l’Etat, Abdessamad Dialmy, chercheur spécialisé sur la sexualité, travaillant au sein de l’Universtié Mohammed V à Rabat, estime que le gouvernement ferme les yeux sur ces pratiques car « elle permet de diminuer le chômage. » Et de rajouter : « La loi pour éradiquer la prostitution existe, mais elle n’est pas toujours appliquée. » Les journalistes de Newsweek rapportent le propos d’une des prostituées, Souad, qui vient appuyer le discours du chercheur : cette dernière explique que la « prostitution permet de nourrir des enfants, et de leur offrir un endroit où dormir. »

Le reportage se conclut sur le témoignage d’un étudiant du nord du Maroc qui explique que grand nombre de jeunes Marocains se tournent vers les prostituées, « parce qu’ils ont besoin d’apprendre comment fonctionne le sexe, et ils ont un accès plus facile aux travailleuses du sexe, plus qu’aux filles marocaines qui sont encouragées à rester vierges », relevant ainsi une « hypocrisie » de la société.