Comment plusieurs mouvances politiques tentent de raviver "l'esprit du 20-février"

À l’approche du 5e anniversaire de la naissance du mouvement du 20 février, des voix s’élèvent pour ressusciter cette dynamique de changement. Qu'en est-il?

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Manifestation du Mouvement 20 février. Crédit: AFP
Manifestation du Mouvement 20-Février. Crédit : AFP

Le 16 février, la jeunesse ittihadie a fait une sortie surprenante. La jeunesse de l’USFP a invité ses militants à « s’inscrire dans tous les modes de militantisme, les mouvements contestataires et la participation active dans la résurrection du mouvement du 20 février », rappelant ainsi le mouvement proréforme qui avait surgi au Maroc en 2011.

Cette sortie est surprenante dans la mesure où la jeunesse du parti de la rose n’a officiellement pas participé officiellement au mouvement contestataire. Une situation qui avait poussé une partie de cette jeunesse à créer, en 2011, une nouvelle structure « les ittihadis du 20 février », afin de pouvoir marquer leur présence dans cette dynamique.

Contacté par Telquel.ma, Abdellah Sibari, secrétaire général de la jeunesse de l’USFP, nous assure que cette sortie trouve son origine dans « les reculs que connait le pays dans le domaine politique, économique et des droits de l’Homme ». « Nous pensons que toutes les raisons qui ont poussé le mouvement du 20 février à sortir dans la rue sont encore d’actualité », renchérit la même source.

D’autres sources au sein de la jeunesse de l’USFP ont une autre explication : « le mardi 16 février, le chef du gouvernement se réunit avec les secrétaires généraux des partis pour discuter de la réforme de la loi électorale. Parmi les points mis sur la table, l’abandon de la liste nationale des jeunes. C’est un moyen pour beaucoup d’avoir un siège au parlement », estime pour sa part une source au sein de la chabiba, parlant sous couvert d’anonymat.

La voix de la contestation au sein des institutions

La chabiba ittihadie n’est pourtant pas la seule à appeler à cette résurrection. La jeunesse de la fédération de la gauche démocratique a appelé à « unir les forces démocratiques et progressistes  » afin de trouver un « débouché politique » à la dynamique initiée  par le mouvement du 20 février, nous assure-t-on.  Pour Mohamed Ghalim de la jeunesse de la fédération de gauche démocratique  à Rabat, « peu importe le nom, ce qui nous intéresse, c’est le contenu et la stratégie sur laquelle on va se mettre d’accord ».  Pour lui la forme « contestataire, culturelle, sociale ou institutionnelle » de l’initiative sera tranchée lors des échanges.

Pour le mouvement Anfass démocratique, l’idée est de « soutenir tous le mouvement contestataires dans la rue, comme ceux des professeurs stagiaires ou des médecins », explique Mounir Bensalah, président du mouvement, pour qui « le plus important est d’être le portevoix de dynamiques contestataires au niveau institutionnel ».

Du côté de la jeunesse d’Al Adl Wal Ihhsane (AWI), la réflexion est différente. La mouvance islamiste était présente en force lors du 20-février, mais s’est illustrée surtout par un retrait surprise au lendemain de l’arrivée du PJD au gouvernement en novembre 2011. « Nous pensons que le mouvement 20 février a joué son rôle dans un moment précis, et nous estimons qu’il ne peut pas donner plus », estime Hicham Chouladi membre de la jeunesse d’AWI. Par contre ce constat ne veut pas dire qu’il y n’aura pas de soutien de la jeunesse d’AWI aux dynamiques de la rue : « nous étudions chaque cas à part, et nous faisons nos conclusions si telle ou telle dynamique peut apporter ou non un changement, en raison de quoi, nous décidons de soutenir ou non les mouvements qui existent dans la rue », conclut-il.

 

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