L'Imam Abdelilah Ziyad, qui aurait menacé le roi, a-t il bénéficié de clémence?

L'Imam marocain Abdelilah Ziyad, a-t il bénéficié de clémence? C'est la question choc que deux avocats posent dans une lettre qu'ils ont envoyé aux parlementaires français en charge de l'état d'urgence.

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Un peu plus d’un mois aprés les attentats qui ont endeuillé Paris et Saint Denis, avec un bilan de 130, l’enquête se poursuit sur les commanditaires et les mentors des terroristes. Et des zones d’ombres apparaissent sur le rôle des services de renseignements français. Pour tenter d’y voir plus clair et obtenir des réponses deux avocats français ont envoyé ce 14 décembre, une lettre au président de la commission des lois de l’Assemblée Nationale française et au président de la commission des lois au Sénat, en charge du contrôle parlementaire de l’état d’urgence.

En substance, ils demandent: comment expliquer la clémence de la France envers Abdelilah Ziyad, condamné pour terrorisme, mentor présumé d’un des kamikazes des attentats du 13 novembre et retrouvé… prédicateur sous un faux nom dans une mosquée de Troyes?

Abdelilah Ziyad, c’est cet imam marocain membre de la Chabiba Islamiya né en 1958 à Casablanca. La chabiba, c’est ce groupe radical créé au début des années 70, responsable de l’assassinat du leader de gauche Omar Benjelloun en 1975. Au début des années 1980, il fuit en France pour échapper à son procès lors duquel Il sera condamné à la perpétuité par contumace pour avoir fait entrer des armes au Maroc en provenance d’Algérie. En 1997, il est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à huit ans de prison et dix ans d’interdiction de territoire français pour avoir été le donneur d’ordre de l’attentat contre l’hôtel Atlas Asni de Marrakech où un groupe de terroristes armés franco-marocains et franco-algériens avait tué deux touristes espagnols et blessé une touriste française le 24 août 1994.

Il sort de prison quatre ans plus tard, en 2001. Son nom réapparaît aujourd’hui car il est soupçonné d’avoir formé l’un des kamikazes du Bataclan, Omar Ismaïl Mostefaï. Dans leur courrier en date du 14 décembre qu’une journaliste du Figaro a pu se procurer, les deux avocats s’interrogent comment: « A l’issue de l’exécution écourtée de sa peine, Abdelilah Ziyad a pu se maintenir sur le territoire national, l’usage d’une fausse identité ayant suffi à tromper la vigilance des services, pour y reprendre ses exactes mêmes activités ».

En 2010, Ziyad est mis en examen pour complicité de recel de vols avec armes en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste. En garde à vue, il aurait déclaré vouloir tuer le Roi du Maroc. Et là encore, les avocats questionnent la clémence du juge anti-terroriste et laissent entendre que Ziyad aurait pu être employé par les services de renseignement français. L’homme lui nie toute relation avec les auteurs des attentats de Paris.

Selon son avocat, dans une déclaration à l’AFP, il « dément totalement être le mentor de Mostefaï ». « Il a peut-être animé des prières à cette époque » dans cette mosquée de Chartres, « il dit qu’il a peut-être croisé ce monsieur, mais, en aucun cas comme animateur d’un groupe dans un cercle fermé où il aurait eu un rôle d’enseignement ». Les autorités françaises n’ont à ce jour pas réagi.

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