Ce que Mohammed VI propose (concrètement) pour le Sahara

Dans un discours, le roi Mohammed VI annonce la fin de la rente, davantage d'équité, mais aussi le lancement d'une série de grands projets structurants.

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Crédit: MAP

Mohammed VI a livré un discours se voulant  de « rupture » avec la politique de rente au Sahara, insistant sur une série de projets concrets destinés à faire de la région la porte d’entrée de l’Afrique. A l’occasion des 40 ans de la Marche verte, le vendredi 6 novembre, le roi a estimé que le Maroc est « arrivé au stade de la maturité » sur cette question.

Le souverain a affirmé vouloir « opérer une véritable rupture avec les méthodes adoptées jusque-là dans la prise en charge des affaires du Sahara ».  Il s’agit d’une « rupture avec l’économie de rente et des privilèges et la défaillance de l’initiative privée » mais aussi une « rupture avec la mentalité de la concentration administrative» à travers la mise en place de la régionalisation avancée.

Mohammed VI a annoncé avoir chargé le gouvernement de « restructurer le dispositif de soutien social »  pour le rendre « plus transparent et plus équitable, dans le respect des principes d’égalité, et de la justice sociale ».

Une décision qui fait échos aux principales recommandations du rapport appelant à une nouvelle politique de développement au Sahara élaboré par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), et qui avait été présenté devant le roi.

Pour mettre en place cette ambitieuse nouvelle politique, Mohammed VI espère mobiliser « tous les moyens disponibles pour la réalisation de grands chantiers » dans les trois grandes régions du Sud (Laâyoune-Sakia El-Hamra, Dakhla-Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun).

Le roi a énuméré une série de projets concrets :

– Une « voie express, aux normes internationales » qui va relier Tiznit, Laâyoune et Dakhla;

– Le Sahara deviendra un hub de transport aérien desservant l’Afrique;

– A terme, le train reliera Tanger à Lagouira, et donc le Maroc au reste de l’Afrique. Pour le moment, la recherche de financement est enclenchée pour la réalisation de la ligne Marrakech-Lagouira ;

–  Un grand port Atlantique à Dakhla ;

– Le projet de dessalement de l’eau de mer à Dakhla;

– Les grands projets d’énergie solaire et éolienne dans le Sud;

– De nouvelles unités et zones industrielles à Laâyoune, Marsa et Boujdour;

–  Un cadre juridique incitatif pour l’investissement;

– La création d’un fonds de développement économique pour « renforcer le tissu économique, soutenir les entreprises et l’économie sociale et assurer l’emploi et un revenu stable »;

– La construction de théâtres, des musées et des maisons de culture.

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