Pour le 6eme trimestre consécutif, les industriels ont le moral en berne

Le moral des industriels est au plus bas. Selon la dernière enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib, les patrons jugent le climat des affaires défavorable,  et ce pour l’ensemble des branches d’activité, à l’exception du secteur automobile.

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Crédit : Bykst/Pixabay.

Les patrons semblent avoir le moral dans les chaussettes. Ils jugent le climat des affaires défavorable, et ce pour le 6e trimestre consécutif. La détérioration du business concerne l’ensemble des branches d’activité à l’exception de celles opérant dans l’industrie automobile où le climat des affaires est jugé normal. Selon la dernière enquête de conjoncture réalisée par Bank Al-Maghrib, et comptant pour le 3e trimestre de 2015, l’approvisionnement se serait déroulé dans des conditions difficiles pour la métallurgie. Pour la filière chimie et parachimie, la difficulté d’approvisionnement n’aurait concerné que la cokéfaction et le raffinage. D’autres branches d’activité s’en sortent mieux. Il s’agit notamment des industries automobile et chimique qui ont qualifié les conditions d’approvisionnement de normales. Il faut dire que ce qui a détérioré les conditions de production chez la plupart des industries, serait le niveau du stock des matières premières et produits-semi-finis qui a été estimé d’inférieur à la normal pour l’ensemble des industries, à l’exception de la mécanique et métallurgie où il serait à un niveau normal.

 A la recherche du cash

Pour l’ensemble des entreprises, la situation de la trésorerie a été jugée difficile au troisième trimestre de cette année. Selon la Banque centrale, «cette situation est en liaison, principalement, avec la réduction des délais accordés par les fournisseurs et avec la baisse des ventes ». Ces facteurs restent similaires pour l’ensemble des industries, à l’exception de l’agroalimentaire, où seuls les délais fournisseurs ont négativement influencé la trésorerie des entreprises de cette branche alors que l’impact des ventes aurait été plutôt positif.

Le manque de cash enregistré par les industriels aurait été, heureusement, accompagné par un accès au financement bancaire normal selon 70% des entreprises. Seuls 27% des patrons auraient qualifié l’accès au financement de difficile. Le plus surprenant dans les résultats de l’enquête de BAM est définitivement le coût du crédit qui aurait été en hausse, selon les industries chimiques, parachimiques et électriques et électroniques. Et pour cause, l’institut d’émission avait abaissé, l’année dernière, de 0,5% son taux directeur. L’on s’attend dès lors à une décélération du coût du crédit. Finalement, il n’en est rien. Bank Al-Maghrib aurait-il réduit son taux directeur pour rien ?

Baisse des effectifs en vue

Un autre facteur qui contribue à la dégradation du climat des affaires serait la réduction des effectifs. Nombreux sont les industriels qui ont déclaré une baisse du nombre des employés par rapport au deuxième trimestre de 2015. Ce repli reflète principalement la diminution des effectifs dans les industries chimiques-parachimiques et textiles, cuir, tandis que l’électrique électronique et la mécanique-métallurgie ont connu une hausse des effectifs et l’agroalimentaire une stagnation.

La perte des effectifs ne risque pas de se résorber. Les entreprises sont moins optimistes que le trimestre précédent concernant l’évolution des effectifs au cours des trois prochains mois. En effet, les industriels de l’ensemble des branches anticipent une baisse des effectifs employés au cours du dernier trimestre de 2015. Il faut noter aussi que près de la moitié des industriels du textile-cuir et de la chimie-parachimie indiquent ne pas avoir de visibilité quant à l’évolution des effectifs d’ici la fin de l’année.