Le Maroc abrite désormais une partie du patrimoine végétal mondial

Des milliers de semences initialement conservés en Syrie, puis sauvegardés dans la réserve mondiale de semences en Norvège, ont été secrètement expédiées au Maroc et au Liban.

Par

Crédit : DR

Environ 38 000 échantillons de semences notamment de blé, d’orge, de lentilles et des pois chiches ont été envoyés  au Maroc et au Liban dans des stations de recherche exploitées par le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (Icarda).

Suite à la destruction de la banque de gènes de l’Icarda dans la ville syrienne d’Alep, le Centre « a demandé à récupérer des graines [ de la réserve mondiale ndlr] pour reconstituer ses stocks dans les pays voisins de la Syrie, mais pas en Syrie », avait déclaré à l’AFP en septembre dernier Asmund Asdal, le coordinateur de la réserve de semences.

Le Maroc et le Liban ont donc été choisis pour abriter ces stocks de semences. « Les semences  ont quitté secrètement, le mois dernier [septembre ndlr] la réserve mondiale de semences du Svalbard  en Norvège, à destination du Maroc et pour un certain nombre d’entre elles, vers le Liban » rapporte l’agence de presse américaine, The Associated Press.

« Cela montre juste que le système global de sauvegarde fonctionne », a déclaré à l’agence Associated Press,  Michael Koch, du Global Crop Diversity Trust, qui a financé l’expédition.

Selon les responsables de la réserve de semence, c’est la première fois que des graines sont retirées de la réserve depuis sa création en 2008. Les expéditions ont donc été menées secrètement pour éviter tout problème de sécurité.

« Nous voulions nous assurer que la publicité autour de ce dépôt ne soit pas utilisée par une personne à des fins différentes » a ajouté  Michael Koch.

La «chambre forte du Jugement dernier »

La réserve mondiale de semences du Svalbard est une chambre forte mondiale de graines. Ce centre souterrain, situé sur l’île norvégienne du Spitzberg, est destiné à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique.

L’entrepôt, également surnommé parfois « chambre forte du Jugement dernier », l’« Arche de Noé végétale » ou « Coffre-fort de l’Apocalypse», fait office de filet de sécurité pour les quelque 1700 banques de gènes existant à travers le monde.  La réserve « est située dans une région paisible et reculée, et enfoui à plus de 120 mètres à l’intérieur d’une montagne, ultrasécurisé et assure des conditions de conservation optimales à une température de -18°C »,  décrit  l’AFP.

« Les visiteurs  trouvent que cette place est aussi extraordinaire qu’une place à la James Bond», a déclaré Koch.

Environ 860 000 échantillons de semences ont été déposés par  des banques de  gènes et des organisations dans le monde,  pour sauvegarder leurs propres collections en cas de calamité. Cette chambre forte est gérée par un accord tripartite entre le gouvernement norvégien, l’organisation internationale Global Crop Diversity trust.

article suivant

Assemblée générale de l’ONU : avec El Othmani en porte-drapeau, le Maroc entame un ballet diplomatique virtuel