Philip Morris envisage d'installer une usine au Maroc

Avec une campagne anti-contrebande lancée en grande pompe, Philip Morris cacherait-il une future installation d'usines de production au Maroc ?

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Crédit: AFP
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Philip Morris International entend afficher sa détermination dans la lutte contre la contrebande au Maroc. Avec des pertes fiscales évaluées à 2.5 milliards de dirhams par an, le commerce illicite est devenu une priorité, fait valoir l’actuel leader mondial. Ce dernier estime ses pertes propres à 300 millions de dirhams sur le marché marocain, selon les chiffres communiqués à la presse le 7 octobre.

Philip Morris International s’apprête d’ailleurs à lancer une campagne de sensibilisation intitulée « Tous contre le commerce illicite ».

Mais pourquoi Philip Morris communique selon ce timing en particulier sur cette problématique, connue de longue date dans le secteur ? Selon une source proche du dossier, le groupe américano-suisse prépare en réalité l’annonce de la mise en place d’une usine au Maroc. Jusque-là, le groupe et sa marque phare Marlboro, sont fabriqués et distribués dans le royaume par la Société marocaine des tabacs (SMT), filiale de l’autre géant mondial Imperial Tobacco et concurrent de Philip Morris à l’international.

Le contrat de fabrication de ces cigarettes, liant SMT à Philip Morris arrive d’ailleurs à échéance en cette fin d’année. De plus, Philip Morris a commencé son « émancipation », à travers la distribution d’une nouvelle marque, « Next », distribuée par EMID (Emiratie-Marocaine pour l’industrie et la distribution), membre du groupe Al Rashideen, distributeur de produits Philipe Morris International dans d’autres régions du globe.

Contacté par Telquel.ma,  Abla Benslimane,  manager Corporate Affairs de Philip Morris Maroc n’a souhaité ni confirmer ni infirmer l’information. « Sachant que le contrat expire, il y aura une nouvelle structure. Mais pour le moment, je ne suis pas habilitée à communiquer sur cette question », a-t-elle déclaré.

Cela étant, pour le groupe, « l’éventualité d’installer des usines de production fait partie d’un panel de solutions envisageables, mais rien n’est fait ni décidé. Nous communiquerons en temps voulu », enchaîne-t-elle. « Plusieurs facteurs, notamment celui de la concurrence, nous oblige à être vigilent dans notre communication », se justifie-t-elle encore.

Selon une autre source, proche de la concurrence justement, ce projet d’usine est «  vieux et a toujours été à l’étude, mais les ambitions industrielles de Philip Morris au Maroc ne sont pas encore confirmées »

Un opérateur du groupe Philipp Morris affirmait déjà en novembre 2014 examiner deux options : « soit signer un nouveau contrat avec la SMT, soit assurer sa propre distribution », selon le quotidien l’Economiste.

 « Ils cherchent surtout à dire que Next, qui bénéficie d’une fiscalité inférieure et qui est vendu 15 dirhams, constitue une alternative à la contrebande  ».  Un argument que l’on retrouve d’ailleurs chez Philip Morris : une offre légale de cigarettes se situant « entre 12 et 18 dirhams participerait à la diminution sensible du recours à la contrebande », peut-on lire chez nos confrères du Huffpost. Cela étant, l’argument de Philip Morris peut être jugé recevable, dans la mesure où tous les fabricants et producteurs de tabac l’avancent pour protéger leur business local, arguant pour le cas du Maroc un « prix trop cher pour le pouvoir d’achat  ».

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